Une levée de fonds doublée d’une coupe dans les effectifs. Ynsect, géant de l'alimentation animale à base d'insectes, annonce ce lundi 17 avril 2023 un tour de table de 160 millions d’euros, qui s’accompagne donc d’un plan de restructuration. Trente-huit postes sont concernés en France, où les consultations auprès du CSE débutent autour d’un plan de départ volontaire. Sont visés les postes chargés de la conception et la construction de l’usine d’Amiens (Somme), dont le format mis en place sera dupliqué aux prochains sites industriels de l'entreprise, ainsi que les postes sur l’alimentation pour le bétail (porc, poulet, etc.). Au Pays-Bas, où la pépite du Next40 s’était emparé de son concurrent Protifarm, 36 postes liés à la production pure sont supprimés. Les équipes marketing et ventes dédiées à la branche food et les emplois biotech ne sont pas concernés. Au total, il restera 8 postes dans le pays.
Fin de l'alimentation pour le bétail
Pour justifier cette nouvelle en demi-teinte, la start-up évoque un «virage stratégique». Elle recentre son activité sur les piliers de l’alimentation pour les animaux de compagnie (chien, chat et poule), l’alimentation pour les humains, et les produits pour les plantes. L’alimentation pour le bétail est arrêtée en raison de marges trop faibles. L'entreprise assure avoir fixé «une trajectoire de rentabilité plus rapide», mais aucune date n’est précisée. Ynsect emploie aujourd’hui un total de 360 personnes en France. Une quarantaine de recrutements sont prévus pour le nouveau site d’Amiens, où la production débute.
Des négociations sont actuellement en cours pour l’ouverture d’une usine aux Etats-Unis et d’une usine au Mexique. Ces projets se feraient en joint-venture ou sous contrat de licence. Ynsect dispose déjà d’un petit site au Nebraska pour produire des aliments pour les poules de compagnie. A terme, le site de Dole (Jura) va concentrer sa production sur les produits alimentaires pour les humains. Pour l’instant, la start-up peut commercialiser auprès des humains des produits issus du scarabée buffalo, dont la production vient de l’acquisition de Protifarm. Elle fabrique et commercialise des barres hyper-protéinés, des pâtes, des jus ainsi que des farines de protéines et un produit pouvant remplacer le steak dans les burgers.
D'autres start-up ont licencié
La démarche marque la fin de l’hypercroissance à tout prix. La rentabilité est le nouvel indicateur clé pour les start-up. Après une période où les fonds semblaient couler à flot, les investisseurs privilégient désormais des start-up rentables à l’hypercroissance. En début d’année, le spécialiste des produits reconditionnés Back Market a entamé un plan de départs volontaires afin de se séparer de 93 salariés, dont 67 en France. Cette décision justifiée par une dynamique d'«anticipation» face au «contexte économique incertain» doit également l’aider à atteindre au plus vite la rentabilité. Meero et Ankorstore ont également coupé dans leurs effectifs.



