En matière de spatial, les start-up ne lorgnent pas seulement les satellites et les microlanceurs. Les données aiguisent aussi leur appétit. La preuve avec Dawex. Cette société parisienne de 50 salariés, créée en 2015 et spécialisée dans le développement de plateformes d’échange de données, se tourne vers l’espace.
Alors qu’elle compte offrir une plateforme dédiée à ce marché au cours du premier trimestre, nommée Space data marketplace et soutenue financièrement par le plan France Relance, elle a déjà su fédérer autour de son projet une dizaine d’entreprises, dont les poids lourds Airbus Defence and Space, Dassault Systèmes et Thales Alenia Space. Son credo : démocratiser l’accès aux données spatiales pour en élargir l’exploitation. Chasse aux passoires thermiques dans le BTP, détection des algues dangereuses pour la baignade, entretien des voies ferrées, optimisation de la logistique... Les cas d’usages sont innombrables. « Malgré les investissements massifs effectués pour obtenir des données d’observation de la Terre, il n’existait pas de plateforme de référence pour que se forment les partenariats de données issues de l’industrie spatiale », argumente Laurent Lafaye, le PDG de Dawex.
Alors que le big data est sur toutes les lèvres depuis le mitan des années 2010, la start-up propose de se focaliser sur un aspect précis : la circulation des données à l’extérieur de l’entreprise. D’où l’intérêt des plateformes d’échange. Dawex décline son savoir-faire dans plusieurs secteurs d’activité, tels que l’agriculture, l’énergie, l’automobile ou bien encore la logistique. Avec le spatial, elle se dirige vers de nouveaux horizons.
Les challengers
• Sobloo Cette plateforme de valorisation des données issues du programme Copernicus a été lancée en 2018 par Airbus, Orange Business Services et Capgemini. Son périmètre pourrait évoluer prochainement.
• e-Geos En 2020, la coentreprise de Telespazio (Leonardo et Thales) et de l’Agence spatiale italienne a lancé la marketplace Cleos (Cloud earth observation services), qui rend les données de Copernicus accessibles et permet leur exploitation par l’IA.
• Ursa Space Spécialisée dans le traitement de données spatiales, l’entreprise américaine s’est tournée en novembre 2021 vers les services marketplace d’Amazon Web Services (AWS).

Vous lisez un article du numéro 3702 de L'Usine Nouvelle publié en janvier 2022



