Voici une innovation Made in France qui tombe à point nommé : le badge KYD (Keep your distance), un dispositif qui garantit le respect en entreprise de l’une des règles clés de protection contre le Covid-19 : la distanciation sociale. Il est proposé depuis mai 2020 par Zozio, une start-up parisienne spécialisée dans les services de géolocalisation pour l’optimisation des flux et de la logistique. Il vise tout particulièrement les usines, où la distanciation sociale est difficile à respecter et où le télétravail est impossible.
Alarme si la distance de sécurité n'est pas respectée
" L’idée nous est venue des industriels clients de notre plateforme cloud de géolocalisation, explique à L’Usine Nouvelle Bastien Triclot, ingénieur Arts & Métiers, PDG-fondateur de la pépite. Ils nous demandaient de leur créer un dispositif qui éviterait à leurs usines de devenir des clusters de contamination, ce qui les obligerait à les fermer. "
Les badges sont géolocalisés en temps réel. Dès que la distance de sécurité, paramétrable par l’entreprise en fonction de l’environnement d’emploi, ils alertent les collaborateurs par un signal lumineux, vibratoire ou sonore. Les informations de position et d’alerte remontent de façon anonyme vers le cloud pour des fonctions d’analyse des contacts, de gestion des flux ou d’optimisation de la répartition du personnel, assurant une application efficace des mesures sanitaires. Et si un collaborateur entre en contact avec une personne contaminée, il reçoit une notification sur son badge.

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Zozio Badge KYD de Zozio (Crédit photo: Zozio)
Des dispositifs similaires existent sur le marché. Mais ils s’appuient pour la géolocalisation sur Bluetooth, une technologie sans fil qui présente les inconvénients d’être trop imprécise et trop énergivore. Le badge KYD repose sur l’ultra large bande (UWB), une technologie de géolocalisation sans fil employée pour la première dans le grand public par Apple sur son iPhone 11. "C’est ce que nous utilisons pour les traqueurs que nous fournissons aux clients de notre plateforme de géolocalisation, rappelle Bastien Triclot. Elle offre l’avantage d’être 20 à 30 fois plus précise et six à sept fois moins énergivore que Bluetooth. Notre badge assure une autonomie d’une semaine, sept fois celle des produits concurrents. Et il fonctionne avec une batterie rechargeable. "
Développé en trois à quatre fois moins de temps
Son développement dans un contexte difficile, marqué par de fortes perturbations de la chaîne logistique et de rupture de certains composants électroniques, a été un grand défi. Pas question d’attendre des mois et des mois pour le sortir. L’urgence de la pandémie imposait un délai extrêmement court. " De la conception jusqu’au test du produit, nous avons mis seulement un mois et demi, affirme le patron de Zozio. C’est trois à quatre fois moins long que d’habitude. C’est bluffant compte tenu du niveau technologique incroyable du produit. Nous avons pris beaucoup de risques en limitant les prototypes. Nous n’avions pas droit à l’erreur. "
Un exploit réussi grâce à un double partenariat : celui avec WizziLab, une société spécialisée dans l’Internet des objets, pour la conception matérielle, et celui avec AsteelFlash, premier sous-traitant électronique français, pour les aspects industriels et de production. " Sans AsteelFlash, qui fabrique déjà nos traqueurs de géolocalisation, nous n’aurions pas pu sortir le produit à temps, confie Bastien Triclot. L’un des enjeux du projet était de faire venir des composants électroniques d’Asie. AsteelFlash a utilisé sa présence en Chine pour le faire. Il nous a également aidé à développer les moules d’injection plastique en un temps record de deux semaines, là où il faut habituellement six à huit semaines. " Le badge est fabriqué par AsteelFlash dans son usine à Soissons, dans l’Aisne, spécialisée dans l’Internet des objets.
Succès du produits aux Etats-Unis
Plusieurs milliers de pièces ont été livrés à ce jour principalement via IBM. Et des partenariats de vente sont en discussion avec Atos et Siemens. Sur l’ensemble de l’année, Bastien Triclot table sur un volume de 50 000 à 100 000 pièces, dont 80 à 90 % à l’international. Le produit rencontre un vif succès à l’étranger, et tout particulièrement aux Etats-Unis où la pandémie est la plus répandue au monde avec près de 6,5 millions de cas de contaminations recensés à ce jour. " C’est une chance pour nous, car nous envisagions notre extension à l’international, se félicite le PDG. Cela va nous aider dans ce projet. "
Et après le Covid-19 ? Bastien Triclot ne semble pas inquiet. " Le badge peut trouver une seconde vie et être reprogrammé pour des fonctions de gestion des flux et d’optimisation industrielle : stratégie Lean, logistique prédictive, détection des incohérences techniques, gestion d’inventaire, etc. " D’ailleurs, il prévoit de reprendre ses recrutements, gelés pendant la période de confinement, pour porter l’effectif de sa start-up à 50 personnes à la fin de 2021, contre 13 aujourd’hui. S'il reste discret sur le chiffre d'affaires, il s'attend à le voir multiplié par dix en 2020.



