A l’usine, des modules pour la plupart de couleur crème attendent leur départ en camion. Laroche conçoit des lignes de production entière pour le traitement des fibres textile en intégrant également des machines de partenaires. Situé à Cours-la-Ville (Rhône), chef-lieu de la commune nouvelle de Cours dans le Haut-Beaujolais, dans un bassin longtemps dédié au textile, l’industriel emploie 120 personnes entre le siège et l’usine distante de quelques hectomètres. "Nous produisons 70 lignes par an, mais une ligne peut parfois compter jusqu’à 50 machines", indique François Chabat, responsable de la gestion de production de cette PME spécialisée dans la production de machines sur mesure pour le traitement de fibres destinées au recyclage de déchets textiles et aux produits non tissés. "Avant, il a fallu dessiner l’usine du client et les plans de l’unité de production. Il faut compter six mois."
Si Laroche fait appel à des sous-traitants essentiellement dans la région, l’unité de production assure l’assemblage, mais aussi la peinture, la soudure, la fabrication des cylindres avec la pause des pointes pour l’effilochage. Cette opération laborieuse est réalisée manuellement, mais plus pour très longtemps. La robotisation est en marche. Un jeune ingénieur a développé le process qui sera opérationnel avec des robots Staübli dès septembre.
Olivier Cognasse (Des pièces sèchent après être passées par la cabine de peinture.)
"Actuellement, il faut 50 heures pour équiper un cylindre, précise François Chabat. Avec la robotisation, cela demandera deux fois moins de temps avec zéro personne. Les opérateurs seront affectés à d’autres tâches." Un savoir-faire connu depuis longtemps par Andritz, un industriel autrichien spécialisé dans la conception et la fabrication d'équipements et de systèmes de production industrielle qui va devenir le nouveau propriétaire de la PME française.
Préférence pour un industriel
Le 25 mars dernier, la vente de cette entreprise centenaire qui a toujours appartenu à la famille Laroche a été finalisée. Au moment de passer la main, son président Robert Laroche n’a pas trouvé de successeur dans sa famille. "Je suis à la tête de l’entreprise depuis quarante ans. Depuis cinq ou six ans, mes sœurs et moi regardions les solutions pour céder l’entreprise tout en assurant sa pérennité, raconte-t-il. J’avais trois solutions pour céder mon entreprise. La reprise par les cadres, mais tout le monde me l’a déconseillée : dans la moitié des cas, les sociétés mettent la clé sous la porte avant trois ans. Les financiers et notamment les fonds de pension ? Il n’en était pas question. Je voulais un industriel et Andritz, avec lequel nous travaillons depuis des années pour développer des lignes de production dans le recyclage du textile, est venu me voir. Il a déjà racheté des entreprises en France et cela s’est très bien passé."
Robert Laroche va accompagner pendant encore deux ans les nouveaux propriétaires, qui ont largement soutenu l'entreprise pendant le pic de la pandémie de Covid-19. "L’entreprise Laroche a été fondée en 1892 et réalise aujourd’hui 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 95 % à l’export [un tiers en Amérique du nord, un autre tiers en Europe (Turquie comprise) et un dernier tiers en Asie, ndlr]. Cette année il devrait atteindre 50 millions d’euros, mais c’est une année atypique en raison du Covid-19 et notre partenaire Andritz nous a passé beaucoup de commandes pour des produits sanitaires."
Olivier Cognasse (La production des machines pour le textile est essentiellement vendue à l'export.)
"Ce qui nous séduit ce n’est pas la partie intégrée, mais le fort potentiel de développement sur le recyclage qui est complémentaire de nos activités", précise Alexandre Butté, le nouveau directeur général de Laroche, qui dirige également le développement de la division des activités non tissées chez Andritz.



