[Choose France] A Versailles, 180 patrons étrangers à rassurer et 6,7 milliards d'euros d'investissements

Le sommet "Choose France", qui se tient au château de Versailles ce lundi 11 juillet, réunira autour du président de la République Emmanuel Macron des PDG de grands groupes étrangers et leurs homologues français. Il vise à valoriser l'attractivité du site France. Le montant des investissements annoncés lors de cette cinquième édition se monte à 6,7 milliards d’euros, avec un projet majeur de mega usine dans les semi-conducteurs porté par l'américain Globalfoundries et le franco-italien STMicroelectronics. 

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Chalampé, Choose France
Lors du dernier Choose France, en janvier, 21 projets avaient été annoncés, pour un montant d'investissement total de 4 milliards d'euros.

Retour au château de Versailles pour accueillir, ce lundi 11 juillet, les investisseurs étrangers pour la cinquième édition du sommet Choose France, l’événement d’attractivité de la France. Le président de la République Emmanuel Macron y accueillera environ 180 patrons étrangers, plus que la moyenne des précédentes éditions qui en réunissaient 120 à 130. Seront présents, entre autres, les dirigeants de Coca-Cola, des groupes allemands Merck et Siemens, du chinois Fosun, du japonais Nissan, des banques américaines JP Morgan et Morgan Stanley… Objectif : faire témoigner les investisseurs étrangers déjà présents en France de la qualité de l’environnement et des infrastructures du pays et rassurer sur les ambitions économiques du président pour son nouveau quinquennat.

Contrairement au précédent mandat, celui-ci ne dispose plus que d’une majorité relative à l’Assemblée nationale pour mener à bien ces projets. Cette question est évacuée par les services de l’Elysée, qui affirment que « ce n’est pas un sujet pour les entreprises. Le président a été clair sur ses valeurs et son ambition continue en matière économique. Il a dit "pas plus d’impôt, pas plus de dette". De ce point de vue-là, il n’y a pas d’inquiétudes des grands patrons.» Le Président rencontrera sur place en tête-à-tête les grands fonds d’investissement souverains et participera à une table ronde avec les dirigeants de BASF, Citibank, Merck et Ericsson avant de prononcer un discours.

Mix énergétique et plan France 2030

Emmanuel Macron peut s’appuyer sur un bilan plutôt positif, puisque depuis trois ans la France est en tête des investissements directs étrangers (en nombre) en Europe, selon le baromètre de référence EY. Parmi les éléments d’attractivité qui seront mis en avant, le Président devrait valoriser l’évolution du mix énergétique - avec l’accélération sur les renouvelables et le nucléaire - et le plan France 2030, qui devrait permettre à de nombreux investisseurs étrangers de développer leurs positions, voire de trouver un terreau favorable à de nouveaux projets. Surtout, le gouvernement arrive ce matin avec une preuve de l'attractivité de la France: un projet d'usine de semi-conducteurs porté par l'américain GlobalFoundries et le franco-italien STMicroelectronics, pour un investissement chiffré à 5,7 milliards d'euros. 

Une usine de semi-conducteurs à 5,7 milliards

L'usine, qui sera opérée conjointement par GlobalFoundries et STMicroelectronics, sera implantée à Crolles (Isère), à côté des installations existantes du fabricant franco-italien de semi-conducteurs. Elle devrait créer 1000 emplois. Ce nouveau site permettra de renforcer la fabrication de puces sur des plaquettes de 300 mm. STMicroelectronics indique que le projet bénéficiera d'un soutien important de l'Etat français. Il s'inscrit aussi dans le Chips act européen, marquant la volonté de l'Europe de regagner sa souveraineté dans le domaine des puces et participera à l'objectif d'en produire 20% sur le continent. Les partenaires s'engagent, selon le communiqué de l'Elysée, à approvisionner en priorité les clients de faible volumes, PME et ETI durement touchées actuellement par les pénuries. 

13 autres projets pour un montant de global de 1 milliard d'euros 

Les autres annonces d’investissements de ce 11 juillet concernent 13 projets. Lors du mini-sommet Choose France tenu en janvier, 21 projets avaient été annoncés, pour un montant de 4 milliards d'euros, parmi lesquels la grande usine de recyclage chimique de plastique d’Eastman qui va s’installer à Port-Jérôme. Les nouveaux projets au menu de ce Choose France de juillet 2022 se monte à 1 milliard d’euros, permettant la création de 3000 emplois directs.  

Parmi les 13 projets annoncés ce lundi, 9 relèvent de l’industrie. Avec beaucoup de projets en R&D ou commercial et un nombre d’emplois industriels limité. Ils concernent des secteurs d'activité variés.

Transports

Dans le secteur des transports, Collins Aerospace prévoit de continuer d’investir en R&D et dans le développement de nouveaux programmes en France pour un montant de 400 millions d'euros sur les 5 prochaines années. Le groupe Iveco lance un plan d’investissement de 60 millions d'euros pour ses marques Iveco Bus et Heuliez, qui concerne à la fois la R&D et les sites de Rorthais (Deux-Sèvres), d’Annonay (Ardèche) et de Vénissieux (Rhône) qui accueillera le premier banc d’essai pour la validation d’autobus électriques et à hydrogène. Le transporteur italien Trenitalia investira de son côté 273 millions d'euros et créera 100 emplois  pour opérer les lignes ouvertes à la concurrence et transfrontalières (ce qui n'est pas vraiment une nouveauté). Enfin, le constructeur automobile vietnamien Vinfast prévoit d’ouvrir 25 showrooms et ateliers dans toute la France pour un montant de 8 millions d'euros, avec un objectif de 350 à 400 emplois d’ici 2023.

Chimie-Pharma

GSK va conforter ses opérations en France dans la R&D avec des essais cliniques, des engagements scientifiques et des dépenses liées aux équipes médicales et opérations cliniques en affichant 48 millions d'euros d'investissement. Le chimiste pharmaceutique italien Zambon, lauréat de l’appel à projet France relance relocalisation en 2021, et qui a déjà créé 50 emplois sur le territoire en 2019, prévoit la construction pour 20 millions d'euros d’un nouvel atelier de production pilote à Avrillé (Maine-et-Loire), le renforcement de ses capacités de production et le doublement de ses laboratoires de R&D avec des créations d’emplois qualifiés non chiffrées à ce jour. Le spécialiste néerlandais des peintures AkzoNobel,qui travaille aussi bien pour les marchés de l'aéronautique que de la décoration, prévoit de créer 35 emplois sur ses deux sites de Pamiers (Ariège) et Montataire (Oise) en y investissant 20 millions d'euros.

Biens et services divers

Le fabricant du célèbre Thermomix, l’allemand Vorwerk - qui a déjà triplé la surface de son usine de Cloyes-sur-le-Loire (Eure-et-Loir) - est arrivé au bout des possibilités de ce site, mais veut continuer d’intégrer sa chaîne de valeur. Il va donc ouvrir un nouveau site à proximité, sur la commune de Donnemain-Saint-Mamès, pour un montant de 57 millions d'euros, où seront créés 74 emplois. Le fabricant allemand de pompes KSB va quant à lui réaliser une extension de son site de Sequedin (Nord) pour 13,3 millions d'euros, avec une vingtaine d’emplois à la clé. Enfin Ericsson, Thales et Qualcom annonce aussi une collaboration sur la 5G satellitaire pour apporter de la connectivité dans des zones non couvertes par les réseaux terrestres. 

Au-delà de l’industrie, dans les services, on compte de nombreux emplois prévus chez Amadeus, Accenture (avec ouverture d’un centre d’innovation technologique à Brest), Fedex et le cabinet de recrutement Randstad, qui promet l’embauche de 7 000 collaborateurs en CDI intérimaires d’ici à fin 2022.

De nombreux ministres seront présents au sommet, qui débutera par un déjeuner. Le ministre délégué à l’Industrie, Roland Lescure, se rendra sur un site Tetra Pak dans l’Ouest de la France le matin. Pour ne pas reproduire l'échec français à accueillir de gros sites industriels comme ceux d’Intel et de Tesla, qui ont atterri en Allemagne, l'exécutif veut aligner toute les parties prenantes : ministère, régions, Business France pour une "team France" unifié et plus efficace. L'annonce de l'usine de semi-conducteurs de ce 11 juillet semble rompre en partie avec ce problème des méga-projets qui nécessite du foncier, du soutien public, l'accompagnement des collectivités. Pour renforcer les forces vives sur ce sujet, le responsable de « Territoires d’industrie », Guillaume Basset, va intégrer Business France la semaine prochaine. 

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