Ce que dit (vraiment) le rapport préliminaire de l’Anses sur les effets de la 5G

L’Anses a été saisie par le gouvernement en février 2019 pour évaluer les effets sanitaires des ondes issues des réseaux télécoms 5G. L’organisme rend ses conclusions préliminaires… très parcellaires, faute de données.

Réservé aux abonnés
5G Huawei centre de R&D Shanghai
La 5G est-elle sans risque pour la santé ? L'Anses ouvre le débat.

2020 verra l’ouverture des premiers réseaux télécoms 5G en France. Et qui dit technologie nouvelles dit craintes quant à leur innocuité. Pour dissiper les craintes du grand public, le gouvernement a chargé en février 2019 l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) de conduire une étude sur les effets sanitaires des réseaux 5G. Elle s’est rapprochée de l’Agence nationale des fréquences (ANFR) pour mener ce travail d’évaluation.

Ce 27 janvier, l’organisme publie un rapport préliminaire, socle de son futur avis publié au premier trimestre 2021. L’Anses se garde bien d’émettre un avis tranché sur les futurs niveaux d’exposition auxquels sera confrontée la population. Et pour cause : les réseaux n’existent pas encore, les quelques expérimentations sont très récentes et l’agence manque de données pour en évaluer les effets.

Il n'y a pas une 5G mais deux 5G, aux effets potentiellement différents

D’ores et déjà, l’Anses sait qu’elle devrait mener deux études parallèles, car la 5G s'appuiera sur deux bandes de fréquences aux modalités d’exposition très différentes. La technologie 5G reposera en effet sur des fréquences déjà utilisées par les réseaux actuels (2G, 3G, 4G), mais aussi sur de toutes nouvelles : la bande 3,5 GHz, utilisée dans un premier temps, et la bande 26GHz. Or, il n’existe pas de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires des fréquences 3,5GHz. Les travaux existants portent sur l’exposition à la téléphonie mobile, entre 0,8 et 2,3GHz environ, et aux signaux Wi-Fi à 2,45 GHz. "Peu de publications ont étudié les effets d’exposition à des fréquences comprises entre 3 et 6GHz", relève l’Anses.

Les effets de la 5G, sur cette bande de fréquences, seraient en théorie proches de celles du Wi-fi. "L’exposition à des fréquences de l’ordre de 3,5GHz est proche de l’exposition à des fréquences légèrement plus basses, par exemple 2,45GHz, telles que celles utilisées pour les communications Wi-Fi", explique l'organisme. Pour rappel, les précédentes études menées par l’Anses, sur les bandes de 400MHz à 6GHz, "ne montraient pas d’effet sanitaire à court ou à long terme" et les "données épidémiologiques ne montraient pas non plus d’effets à court terme". "Des interrogations demeuraient quant aux effets à long terme", rappelle l'Anses. Pour la 5G, il faudra surtout prendre en compte "la spécificité des signaux 5G (modulation, puissance) qui pourrait influencer les niveaux d’exposition".

La bande 26GHz, domaine des "ondes millimétriques"

Quant à la bande 26GHz, principalement dédiée à la communication avec des objets connectés, on entre dans le domaine des "ondes millimétriques". "Les dispositifs utilisant ces fréquences les plus élevées des radiofréquences et qui peuvent occasionner aujourd’hui une exposition des personnes sont, pour l’essentiel, les portiques à ondes millimétriques (détecteurs de sûreté utilisés dans les aéroports notamment), qui utilisent des fréquences variant de 24 à 30GHz (proches de la bande de fréquence autour de 26GHz dans laquelle la 5G sera déployée) et certains faisceaux hertziens et radars dont les fréquences se situent aux alentours de 50GHz", détaille l’Anses.

Lors de précédentes études sur des scanners corporels utilisant des ondes proches, l’Anses demandait déjà d’ "approfondir la recherche" sur "les effets sanitaires potentiels des champs électromagnétiques, notamment sur les effets à long terme ; et sur les effets sanitaires potentiels des ondes "millimétriques", notamment sur des populations exposées professionnellement". Ces recherches seront-elles disponibles rapidement, ou la 5G sera-t-elle lancée sans évaluation scientifique d'ampleur ? Un principe de précaution s'imposera-t-il quant à l'utilisation de la bande 26GHz ? Le pré-rapport de l'Anses sème le doute.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs