Ce moteur utilise de l’eau pour propulser des satellites dans l’espace

Une start-up japonaise va équiper deux satellites de systèmes de propulsion qui fonctionnent par ionisation de l'eau. Privilégiée par les petits satellites, cette technologie plus sûre, moins lourde et moins polluante est aussi moins chère.

Pale Blue moteur ionique à eau pour satellite
Pale Blue s’est vu attribuer un prêt du gouvernement japonais allant jusqu’à 27 millions de dollars (25,3 millions d’euros) pour miniaturiser ses propulseurs.

Ce moteur électrique peut propulser des satellites… grâce à de l’eau. Deux satellites de l’entreprise italienne D-Orbit décolleront en juin et octobre 2025, équipé avec des systèmes de propulsion de la start-up japonaise Pale Blue. Ce moteur ionique fonctionne en accélérant de la vapeur d’eau à l’aide d’un champ électrique, pour déstructurer les molécules. Celles-ci se transforment alors en plasma, composé d’ions chargés positivement et d’électrons chargés négativement. Les ions accélérés sont éjectés et génèrent ainsi une poussée qui fait bouger le satellite.

Les moteurs ioniques utilisent classiquement plutôt du xénon ou de l’iode, et permettent d’éviter le poids additionnel du carburant habituels. Utiliser de l’eau offre plus de sécurité, notamment car elle ne nécessite pas d’être stockée sous haute pression. Et par définition, elle n’est pas inflammable. En outre, cette technologie est moins polluante et permet de réduire les coûts.

27 millions de dollar pour développer et miniaturiser le moteur

Moins lourds et moins chers (mais aussi moins puissants) qu’un moteur classique, ces moteurs ioniques à eau sont ainsi un compromis indiqué pour les petits satellites. En février 2025, Pale Blue s’est d’ailleurs vu attribuer un prêt du gouvernement japonais allant jusqu’à 27 millions de dollars (25,3 millions d’euros), notamment pour miniaturiser ses propulseurs à destination les satellites de 10 à 100 kilogrammes.

Le Japon n’est pas le seul à parier sur la propulsion par ionisation de l’eau : l’université italienne de Bologne a annoncé début février coordonner des recherches autour de cette technologie, et anticipe son potentiel pour «l’exploration de l’espace lointain», bien au-delà de l’orbite terrestre. Surnommé «WET» (Water-based Electric Thrusters), le projet réuni neuf instituts et universités internationaux dont le Centre national de la recherche scientifique français (CNRS).

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