Après une levée de fonds de 10 millions d’euros il y a exactement un an, Caeli Energie lance la fabrication de son produit Caeli One à l’échelle industrielle. Un climatiseur écoresponsable sans recours aux fluides frigorigènes – des gaz fluorés dont les HFC, que le règlement européen F-Gas prévoit d’interdire à horizon 2030 –, ni rejet de chaleur vers l’extérieur et une consommation électrique qui serait cinq fois inférieure à celle d’une climatisation classique.
La nouvelle (petite) usine installée à Grenoble (Isère), dans d’anciens locaux de General Electric, a été inaugurée le vendredi 27 septembre 2024. Avec sa surface de 1100 mètres carrés, elle vise pour l’instant la fabrication de quelques milliers d’unités par an.
«On passe maintenant à une ligne pilote avec un niveau d’automatisation plus important, une robustesse dans la fabrication et une ouverture vers de la grande série, précise à L’Usine Nouvelle Rémi Perony, PDG de Caeli Energie. La fabrication du cœur adiabatique [une transformation effectuée sans qu'aucun transfert thermique n'intervienne ndlr] se fait en interne, l’assemblage en externe. Notre modèle économique est tourné vers le résidentiel et le tertiaire, à destination de personnes et de structures qui ont un problème de surchauffe de leur bâtiment, mais qui ne veulent pas de climatisation classique. Ceux qui ont des plans d’adaptation au changement climatique, par exemple.»
Une entreprise à mission : limiter le recours aux climatiseurs polluants
Le système de Caeli Energie possède six brevets et a l’ambition de s’implanter dans plusieurs appareils. Il est le fruit de plusieurs années de recherche publique et a été testé dans des Ehpad ainsi que des bâtiments publics du département de l’Isère. «On est une entreprise à mission : déployer le maximum de systèmes bas carbone fabriqués en France qui permettent de limiter le recours à des produits polluants importés de l’autre bout du monde. Chaque produit sur le terrain, c’est une clim en moins», commente le dirigeant, dont la startup deeptech a bénéficié du soutien de Bpifrance et de l’Ademe pour un montant d’environ 5 millions d’euros en comptant les prêts et subventions.
L’entreprise iséroise – qui ne communique pas son chiffre d'affaires – compte aujourd’hui 35 salariés avec une majorité de docteurs et d'ingénieurs. Elle vise les 50 employés d’ici à 2025. «On recrute à un rythme d’environ un emploi par mois. Une dizaine d’opérateurs de production arriveront d'ici à la fin de l’année», annonce son dirigeant. Celui-ci a fait le choix, dans le respect de sa stratégie bas-carbone, d’une fabrication locale où il travaille avec des sous-traitants de la région, comme l’usine d’assemblage Bosch Marignier, en Savoie. «On essaie de faire rimer réindustrialisation, échelle locale et compétitivité», déclare Rémi Perony.
La société qui prévoit déjà d’autres lignes de production a signé des partenariats de développement avec de grands acteurs industriels. L’entreprise s’est fixée comme objectif de conquérir le marché européen et vendre des centaines de milliers d’appareils chaque année. Elle a pour cela recruté des profils issus du secteur automobile, connu selon elle pour avoir une culture et des méthodes efficaces de recherche de compétitivité.



