Face aux étés caniculaires, Caeli Energie propose une solution cinq fois moins énergivore que les climatiseurs conventionnels. La jeune entreprise iséroise a annoncé, le 5 septembre, avoir levé 10 millions d'euros auprès d'Asterion Ventures, Starquest, French Tech Seed (Bpifrance) et Rise PropTech. Ces fonds seront alloués à l'amélioration de sa ligne de production, implantée à Fontaine, en Isère.
Née en 2020 de l'association entre Rémi Pérony et Stéphane Lips, en collaboration avec le CNRS de Chambéry, Caeli Energie présente un climatiseur exempt de fluides frigorigènes car fonctionnant à l'eau, et ne rejetant pas de chaleur à l'extérieur. Ce système ne consomme que 60 watts et utilise entre 0,5 et 2 litres d'eau par heure pour une puissance frigorifique de 0,8 kW à 2 kW. Derrière ces performances, une technologie de refroidissement adiabatique indirect à point de rosée. Rémi Pérony, cofondateur et PDG de Caeli Energie, explique : « Contrairement aux climatiseurs conventionnels qui reposent sur la compression et la décompression de fluide frigorigène, notre approche tire parti de l'évaporation, captant ainsi les calories grâce au changement de phase de l'eau, de liquide à gazeux. »
Basée sur le cycle de Maisotsenko, cette méthode repose sur deux courants d'air séparés par des plaques et circulant à travers des canaux humides et secs à l'intérieur d'un échangeur de chaleur. Concrètement, l'un de ces courants d'air, dirigé vers la pièce à climatiser, perd de la chaleur en traversant les canaux secs, tandis que l'autre traverse les canaux humides pour extraire la chaleur avant son évacuation à l'extérieur. L'intérêt de ce procédé réside dans sa capacité à abaisser la température de l'air en approchant le point de rosée, soit la température à laquelle l'air devient saturé en humidité, entraînant la condensation de la vapeur d'eau en gouttelettes.
Optimisation d'un processus naturel
Cette technologie n'est pas nouvelle, mais Caeli Energie l'a optimisée pour surpasser les performances des systèmes actuels présents sur le marché européen, tout en préservant l’hygrométrie (niveau d’humidité) La start-up met en avant la conception unique de son évapo-échangeur « qui permet d'atteindre une pression mécanique très élevée », et le développement de « plaques ultraminces à structure capillaire intégrée ». Ces innovations offrent un COP (coefficient de performance) supérieur à 17, « soit 4 fois supérieur à une climatisation conventionnelle ». Par ailleurs, l'entreprise met l'accent sur l'écoconception de son « cœur thermodynamique », composé à plus de 80% de matériaux recyclés et de cellulose.
Principalement orientée vers le secteur tertiaire, l'entreprise a déjà installé 50 unités dans des espaces de 20 à 30 m², tout en envisageant des modèles pour des bâtiments plus vastes. « Nous développons des produits offrant des capacités thermiques plus élevées, avec l'objectif de rafraîchir des bâtiments de plusieurs centaines de mètres carrés », indique Rémi Pérony.
Caeli Energie Une ligne de production à la pointe
Déjà soutenue par Bpifrance et l'Ademe, Caeli Energie a attiré de nouveaux investisseurs avec cette deuxième levée de fonds. Les 10 millions engrangés seront notamment investis dans l'automatisation d'une ligne pilote située près de Grenoble afin de réduire les coûts et les délais de production. La société envisage également de doubler ses effectifs en recrutant une quinzaine de collaborateurs au cours des 18 prochains mois. Le tout doit permettre à la deeptech, qui aspire à devenir un acteur majeur de la climatisation écoresponsable, de multiplier par 50 ses capacités de production.



