Bosch accélère sa course vers les capteurs quantiques

Après sept années de recherche, Bosch crée l’embryon d’une activité de capteurs quantiques. L’équipementier auto allemand entend accélérer le développement et la commercialisation de cette technologie d’avenir au grand potentiel dans la santé, l’automobile, l’industrie 4.0 et l’internet des objets.

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Bosch capteurs quantiques
Les capteurs quantiques apparaissent comme un développement stratégique pour Bosch.

Bosch passe à la vitesse supérieure dans le développement de capteurs quantiques. L’équipementier automobile allemand a annoncé jeudi 17 février la création d’une activité dédiée à cette technologie d’avenir. Cette nouvelle entité fonctionne en interne comme une start-up. Elle a pour mission de mutualiser les résultats de recherche du groupe dans ce domaine et de les traduire en produits commerciaux. Bosch n'indique ni le montant de l'investissement, ni la date prévue de commercialisation.

Capteurs 1 000 fois plus précis

« La technologie quantique repousse les limites de ce qui est possible à la fois dans le traitement des données et les capteurs, déclare dans le communiqué Jens Fabrowsky, vice-président exécutif en charge de l'activité semi-conducteurs. Avant tout, l'objectif est d'augmenter le bénéfice pratique des effets quantiques pour tout, du développement de groupes motopropulseurs neutres en carbone au diagnostic neurologique. Bosch mène des recherches approfondies sur la détection quantique depuis de nombreuses années maintenant, et nous nous considérons comme un des leaders mondiaux dans ce domaine. Maintenant, nous voulons utiliser cela comme base pour passer au stade commercial. »

Le potentiel des propriétés quantiques de la physique ne se cantonne pas aux calculateurs, à la cryptographie et aux systèmes de communication. Bosch a choisi de l’appliquer aux capteurs, un domaine dont il est leader mondial. Le principe consiste à exploiter l’infime sensibilité des états quantiques de particules comme les électrons, les photons ou certains atomes pour réaliser des capteurs d’une précision jusqu’à 1 000 fois supérieure à celle des capteurs actuels basés sur la technologie Mems (micro-electro-mechanical system).

Huit projets de R&D

Cela fait sept ans que Bosch mène des recherches actives sur le sujet. Depuis 2018, le groupe est impliqué dans huit projets R&D collaboratifs financés par des fonds publics, dont certains internationaux. Il a notamment construit des démonstrateurs fonctionnels d'un magnétomètre quantique et d'un gyromètre quantique. Ces dispositifs de laboratoire sont encore plus gros qu'un ordinateur portable.

Mais l’objectif est les miniaturiser d’abord sur un circuit imprimé, puis à terme sur une puce qui ne coûtera pas plus que de quelques euros. Avec la création d'une start-up dédiée, Bosch confirme la dimension stratégique de ce développement. La nouvelle entité compte 15 personnes et devrait passer à 20 dans les mois à venir. Elle est dirigée par Katrin Kobe, titulaire d'un doctorat en physique et d’une expérience de plus de 25 ans dans des entreprises technologiques. Bosch a choisi ce modèle de start-up pour favoriser un développement rapide.

L’impact disruptif de cette technologie s’annonce immense dans la santé, l’automobile, l’industrie 4.0 ou encore l’internet des objets. Grâce à leur extrême sensibilité, les magnétomètres quantiques pourront aider à diagnostiquer plus précisément et plus facilement des maladies neurologiques telles que les maladies d'Alzheimer et de Parkinson ainsi que l’épilepsie, tandis que les gyromètres quantiques pourront améliorer les systèmes de navigation à bord des voitures autonomes, des drones, des robots et autres automatismes industriels. Selon un rapport du cabinet McKinsey publié en septembre 2021, le développement de capteurs quantiques mobilise près de 60 acteurs dans le monde et le marché correspondant pourrait atteindre jusqu’à 7 milliards de dollars à l’horizon 2040.

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