Quand un outil mis en place pendant la crise du Covid ouvre des perspectives de renouveau industriel. Le 26 juin, le pôle de compétitivité EMC2 a lancé Meet3D, une plate-forme de mise en relation dédiée à la fabrication additive. Créée pendant la pandémie pour répondre aux besoins de matériel de protection contre le virus, la plate-forme, qui recense 120 structures, se pérennise. Et devrait évoluer pour devenir une solution de production partagée.
"La première version de la plate-forme est un lieu numérique de rencontre entre les propriétaires de machines – industriels, centres de recherche, particuliers – et la demande, présente Laurent Aubertin, directeur opérationnel d’EMC2. L’objectif est désormais de travailler sur un programme de production distribuée, qui permettrait à une structure de pouvoir mobiliser différentes ressources pour réaliser une commande."
Dans l’ère du temps
Créée au départ sur demande de l’Etat pour recenser les capacités de fabrication additive en Pays de la Loire et en Bretagne, la base de données n’a finalement pas été exploitée par son commanditaire. "Nous étions contactés par des acteurs privés qui cherchaient à imprimer des visières de protection, se remémore Laurent Aubertin. D’un simple fichier Excel, nous avons donc fabriqué la plate-forme de mise en relation."
Comptant déjà 120 structures réparties sur 37 départements, la plate-forme rassemble principalement des machines d’impression plastique. L'inscription est ouverte à tous. Forte de son succès, elle va évoluer pour devenir une centrale de production décentralisée. "Les sujets de production distribuée sont dans l’ère du temps, estime le directeur opérationnel. Elles présentent l’avantage de la proximité, des circuits-courts, de la rapidité de production…"
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Exigences industrielles
Cette ambition souligne aussi l’impact du coronavirus sur les usages de la fabrication additive. Fortement mobilisée pendant la crise, cette technique de production a fait ses preuves et intéresse de plus en plus d’entreprises. "Il y a eu de nombreuses initiatives d’impression 3D pendant le Covid, argue le directeur opérationnel. Cela a provoqué une prise de conscience : beaucoup d’industriels ont remarqué l’intérêt de l’outil."
Pour faire ses preuves, le projet devra être en mesure de mobiliser des machines de fabrication additive répondant aux exigences industrielles. Il devra aussi répondre à de nombreuses questions comme la disponibilité des machines, les modalités de commande, les coûts et la logistique. Des inconnues qui ne freinent pas le pôle EMC2 dans ses ambitions. "Rien ne nous empêchera, à terme, d’apporter d’autres procédés de fabrication à notre offre", estime Laurent Aubertin. Pour l'organisation, la fabrication additive n'est que la première brique d’une vision plus large de la production décentralisée.



