Bayer supprime 400 postes en France, prévoyant 152 licenciements nets

En pleine phase de restructuration, le groupe allemand a décliné les mesures pour sa filiale en France. 400 postes seraient supprimés d’ici à mi-2025. Comme plusieurs sont vacants et que quelques créations de postes sont prévues, il s’agirait au final d’un solde de 152 licenciements nets.

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Engagé dans un vaste plan de restructuration mondial, le groupe allemand Bayer prévoit 400 suppressions de postes dans ses activités en France. En net, 156 postes seraient supprimés en réalité.

Décidément, les restructurations dans la chimie en France se multiplient. Le groupe chimique et pharmaceutique allemand Bayer entame l'application de son vaste plan mondial de restructuration en France. La filiale française de Bayer a présenté les 16 et 17 octobre aux partenaires sociaux un projet de 400 suppressions de postes, prévu pour être mené à terme mi-2025.

Ce chiffre intègre 154 postes aujourd’hui vacants, et qui disparaîtraient définitivement. Selon la direction et les syndicats, le nombre total de postes supprimés serait ainsi de 246 postes, contrebalancé par 94 créations de postes, ce qui donnerait un solde net de 152 suppressions, sur un total de plus de 2500 salariés Bayer en France. Une «première phase de départs volontaires» est programmée «avant une phase de licenciements économiques», selon un porte-parole du groupe.

Trois usines de Bayer particulièrement touchées 

D’après la direction, la moitié des suppressions de postes concernerait les fonctions administratives et support. 32% des postes supprimés affecteraient les sites de production. Selon des données de l’intersyndicale CFDT, CGT et FO qui s’est constituée récemment pour le suivi de ce dossier, trois usines seraient fortement touchées.

La principale serait celle implantée à Villefrance-sur-Saône (Rhône), qui formule et conditionne des produits de protection des plantes, avec 47 suppressions de postes dont 10 vacants. A Marle-sur-Serre, dans l’Aisne, pour le même type de productions, 13 postes sur 171 sont menacés, dont 3 vacants. Enfin, dans l’usine de Trèbes (Aude, 144 salariés), qui produit des semences de maïs et de colza, il serait question d’environ 15 suppressions de postes dont 3 vacants.

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La R&D pas épargnée par les suppressions de postes

17% des suppressions toucheront aussi les sites de R&D de Bayer dans l’Hexagone. Le centre de recherche de La Dargoire (Rhône), centré sur les maladies des plantes, pourrait perdre 10 postes, dont 7 vacants. A Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes), focalisé sur les études de sécurité des produits phytosanitaires, 7 postes dont 1 vacant seraient supprimés. Enfin, le Centre de développement de Gaillard (Haute-Savoie), dédié à la R&D en médicaments d’automédication, une vingtaine de postes sur une centaine devrait être supprimés. «Une des activités du centre serait transférée aux Etats-Unis», indique un représentant du personnel.

Vent debout contre ces annonces, l’intersyndicale attend pour le moment des précisions sur les mesures d’accompagnement prévues par Bayer, avant de décider de la marche à suivre. Après plusieurs mois de négociations en amont du détail de la restructuration, les trois syndicats aujourd’hui regroupés ont refusé de signer un accord préalable, jugeant les mesures d’accompagnement esquissées trop faibles. Dans un communiqué, l’intersyndicale fustige surtout des suppressions «ciblant principalement les opérationnels», ce qui est perçu comme une «totale contradiction avec les ambitions de M. Anderson», le patron monde de Bayer, et que les «hauts salaires» resteraient «intouchés».

Déjà plus de 3000 postes supprimés dans le monde

Ce plan de restructuration français est la déclinaison de la vaste réorganisation engagée par Bayer en début d’année. Après un exercice 2023 catastrophique ponctué d’une perte nette de près de 3 milliards d’euros, étranglé aussi par une dette de plus de 34 milliards d’euros, le groupe allemand avait décidé d’agir. L’objectif étant de revoir sa structure pour réduire drastiquement ses coûts organisationnels, d’au moins 2 milliards d’euros par an dès 2026, et de retrouver de l’agilité en réduisant les couches hiérarchiques et sa structure administrative, notamment. Ce qui préfigurait plutôt des mesures en haut de la pyramide des fonctions.

De source syndicale, les mesures entreprises en Allemagne auraient d’ailleurs bien concerné «le management intermédiaire et le top management». Mais ce ne serait pas le cas en France où, «en réalité les gens qui perdent leur emploi sont des opérationnels». Le groupe Bayer, qui recensait près de 100000 salariés sur la planète fin 2023, n’a pas précisé son objectif de suppressions de postes au niveau mondial.

L’été dernier, lors de la présentation financière du premier semestre, Bill Anderson, le PDG de Bayer, avait seulement indiqué «compter 3200 postes de moins dans le groupe par rapport au début de l’année». Financièrement, le groupe a déjà connu une amélioration de ses indicateurs lors de ce premier semestre, mais les mesures de restructuration, comme celles dévoilées ces derniers jours en France, ne sont pas terminées.

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