Intelligente et résiliente, l’industrie 4.0 va-t-elle faire l’objet d’un regain d’intérêt avec la crise liée au Covid-19 ? S’il est trop tôt pour le dire, le baromètre 2020 de l’industrie 4.0 réalisé par le cabinet Wavestone et communiqué en exclusivité à L'Usine Nouvelle – il est basé sur les réponses à une vingtaine de questions de divers responsables de 100 entreprises, parfois complétées par des entretiens qualitatifs – livre quelques enseignements intéressants.
Tout d’abord deux chiffres, pouvant apparaître comme contradictoires a priori. D’un côté, 41 % des sondés estiment qu’il "faut une accélération du timing envisagé initialement" dans la mise en place de leurs programmes 4.0. De l’autre, 55% évoquent une diminution des budgets alloués.
Réduire les coûts et améliorer la qualité, les nouvelles priorités
"La crise pousse les industriels à être plus ambitieux vis-à-vis de leurs projets 4.0, analyse Sébastien Marie, associé Industrie de Wavestone. Ils veulent en retirer davantage de gains, mais sans changer le périmètre des projets et avec un budget identique, voire inférieur." Dans leur ensemble, les périmètres fonctionnel, géographique et technologique des projets 4.0 sont en effet maintenus.
Quant aux gains attendus, ils ne sont plus tout à fait les mêmes qu’avant crise. "La flexibilité reste une préoccupation mais ce sujet passe à la quatrième place du podium, alors qu’il occupait la première en 2019, observe Sébastien Marie. Aujourd’hui l’ambition première des industriels est la réduction des coûts, suivie par l’amélioration de la qualité, puis le maintien de l’activité.
Donnée, IA et mobilité
"Cette continuité de l’activité en période de crise, avec le défi de faire fonctionner une usine où les collaborateurs se côtoient et de les faire collaborer tout en s’adaptant aux contraintes des nouvelles normes d’hygiène et sécurité, est un nouvel enjeu lié à la crise", poursuit l'associé de Wavestone.
Côté technologies investies, la donnée a le vent en poupe, juge-t-il. "Production, logistique, maintenance : sur tous ces domaines, on voit plus de projets autour de la donnée et de l’intelligence artificielle, le plus souvent dans le but d’accroître les performances."
Petite surprise : les projets d’impression 3D n’augmentent pas. "Cette technologie répond au besoin d’avoir plus des cycles courts de production et de raccourcir les délais de livraison, pointe Sébastien Marie. On aurait donc pu penser que les projets la concernant augmentent mais ce n’est pas le cas." En revanche, les outils de mobilité, comme les tablettes et smartphones, sont plébiscités, vus comme des technologies fondamentales pour rester compétitif et permettre aux opérationnels de gagner en agilité et réactivité.



