Le budget d’Horizon Europe, 95,5 milliards d’euros, est-il suffisant ?
Malgré l’absence du Royaume-Uni, ce budget est supérieur au précédent [77 milliards]. En s’ajoutant aux programmes nationaux, Horizon Europe veut construire un espace commun de la recherche et permettre à l’Europe de peser dans la compétition internationale.
Pour cela, le premier pilier finance la recherche fondamentale d’excellence, mais aussi des infrastructures communes et la mobilité des chercheurs. Le second, lui, vise à déployer les résultats de la recherche pour l’innovation, en s’appuyant sur des consortiums, qui peuvent inclure des industriels, et en tenant compte des priorités des citoyens.
Vous parlez de missions. Quelles seront-elles ?
L’idée est d’identifier un objectif très concret, non scientifique mais tangible pour la société. Et d’investir dans la recherche pour proposer des solutions technologiques et d’innovation sociale.
Les missions couvrent cinq domaines : les villes neutres en carbone, l’adaptation au changement climatique, la restauration des sols, la protection des océans et la lutte contre le cancer. L’idée est d’identifier un objectif très concret, non scientifique mais tangible pour la société. Et d’investir dans la recherche pour proposer des solutions technologiques et d’innovation sociale.
Vous visez aussi l’innovation de rupture. Comment ?
Horizon Europe introduit le Conseil européen de l’innovation (EIC), en phase pilote depuis la fin 2018, pour faire croître les start-up et les PME. Doté de 10 milliards d’euros, ce sera la prochaine usine à licornes. L’idée est d’investir de manière ciblée dans l’innovation deeptech, connectée à la science et donc risquée, car les résultats sont incertains.
L’EIC fait le pari de proposer des subventions, mais aussi des prises de participation pour faire croître les deeptechs. Nous sommes les seuls dans le monde à proposer cela et nous comblons un fossé. Notre participation réduit le risque financier et notre capacité d’analyse scientifique indique aux marchés que cela vaut la peine de faire des paris.



