Au delà de sa gestion des PGE, Bpifrance a ouvert les vannes du crédit

La banque publique Bpifrance a injecté 2,5 milliards d’euros de prêts sans garantie de crise et doublé ses aides à l’innovation au premier semestre.

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Nicolas Dufourcq
Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, a accéléré la mue digitale de la banque pour distribuer davantage de prêts.

A situation exceptionnelle, activité exceptionnelle. Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, avait assuré mi-mars au début du confinement qu’il ferait "tout ce qui serait nécessaire" pour éviter les faillites en série et permettre aux entreprises de surmonter la crise. Au premier semestre, la banque publique a déployé un soutien massif aux entreprises, en injectant 9,4 milliards d’euros de financement direct des entreprises, soit 9 % de plus que l’an dernier.

6 500 prêts de crise

PME et ETI ont largement eu recours aux prêts sans garantie développés par Bpifrance dans les premières semaines du confinement. Entre mars et fin juin, près de 6 500 entreprises ont ainsi obtenu au total 2,5 milliards d’euros de financements long terme. Au 30 juin, la Banque publique avait distribué 1,95 milliard d’euros de "prêts atout" à des ETI, pour des montants de 10 à 30 millions d’euros remboursables avec un différé de deux ans. S’y ajoutent 400 millions d’euros de "prêts rebonds", sur de plus petits montants, distribués par Bpifrance et abondés par les régions. La banque publique a aussi lâché les vannes sur les aides et les prêts à l’innovation. Ils ont doublé au premier semestre pour atteindre 880 millions d’euros.

Cette montée en puissance des dispositifs de crise a mis la banque publique sous pression. Dans les premières semaines du confinement, les 3 000 employés de la banque ont répondu à 100 000 appels d’entrepreneurs. Bpifrance a profité de la crise pour accélérer sa mue digitale. En Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, les prêts rebond ont été distribués via une plateforme entièrement digitalisée. "Du jour au lendemain, nous sommes devenus la première fintech française. Avec de 700 à 800 dossiers traités chaque jour", se félicite Nicolas Dufourcq.

Accompagner la reprise.

Bpifrance a aussi été beaucoup mobilisé par la gestion des 600 000 prêts garantis par l’Etat distribués par les banques jusqu'à mi-septembre pour 106 milliards d'euros. "En Europe, la France a explosé tous les compteurs en matière de prêts garantis par l’Etat, très au-dessus de ce qu’a fait l’Allemagne et l’Italie", se félicite Nicolas Dufourcq, qui note qu’"une grosse proportion de PGE sont de confort et au moins 60 à 70 % l’ont conservé en trésorerie". L'activité d'investissement au capital est en revanche restée stable.

Le rythme devrait rester soutenu encore dans les prochains mois. Selon Nicolas Dufourcq, 2,8 milliards d’euros de "prêts atout" devraient être distribués d’ici décembre au total et 800 millions de "prêts rebond". "Nous sommes dans une reprise", assure le directeur général de Bpifrance, même si certains secteurs, dont l’aéronautique, restent en grande difficulté, "notre rôle est de convaincre les entrepreneurs de foncer".

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