Décarbonation de l’industrie, IA pour de nouveaux médicaments de précision, économie circulaire ou technologies quantiques... Dans le cadre du salon Viva Technology, qui se tient à Paris du 14 du 17 juin 2023, le CNRS organisera des rencontres croisées autour de ces thématiques, symboles des grands défis scientifiques et industriels à venir. «Chaque année, environ 100 start-up, essentiellement des deeptechs, émergent des laboratoires de recherche sous tutelle du CNRS, introduit Mehdi Gmar, directeur général de CNRS Innovation, la structure de valorisation et de transfert technologique de l'organisme. Parmi elles, nous en avons choisi dix qui représententla variété de nos porteurs de projets sur ces sujets.»
Les technologies quantiques seront notamment représentées par Exail, Siquance et la petite dernière de l'écosystème, Welinq. Le secteur de la santé sera défendu par One Biosciences, Resolve Stroke et Mablink Bioscience et les technologies pour le climat s'étendront des matériaux biosourcés de Cilkoa au recyclage de Recyc'Elit, en passant par l'énergie avec les hydroliennes de VH quatrevingtreize et la production d'hydrogène de Spark Cleantech.
De la recherche fondamentale à l’industrie
Présent depuis quatre ans sur le salon, l’organisme public de recherche a choisi cette année de renforcer sa visibilité avec un stand plus important afin de favoriser les rencontres entre start-up, financeurs potentiels et industriels à la recherche de partenariats. «Les années précédentes, nous avons senti un vrai intérêt des investisseurs pour le travail des chercheurs issus de nos laboratoires et les opportunités de transfert technologique, ce qui n’était pas forcément le cas il y encore quelques années», ajoute l’ancien directeur de l'Institut CEA Tech. L'écosystème de financement s'est adapté à la vague deeptech, les fonds d'investissement se sont armés pour mieux apprécier la valeur de nos start-up.»
«Ces rencontres permettent de sortir la recherche fondamentale de son image d’Épinal et de montrer qu’elle peut faire émerger des innovations au service de la société et de la transition écologique et numérique, même si la route jusqu’à l’industrialisation peut être longue», continue-t-il, citant l’exemple du groupe de laboratoire d’analyses Eurofins, né il y a 40 ans d’une technologie CNRS et qui emploie aujourd’hui 60 000 personnes à travers le monde.
Une nouvelle offre d’accompagnement
Le 14 juin en fin de journée, l’organisme présentera sa nouvelle offre d’accompagnement, CNRS Rise up, destinée aux entreprises basées sur des technologies développées dans ses laboratoires. «L’idée est de créer un sentiment d’appartenance et une communauté, en récréant un lien entre la recherche publique et les entreprises issues de cette recherche», présente Mehdi Gmar. Conserver le lien entre une start-up et son laboratoire d'appartenance est «un processus extrêmement vertueux», estimait même le prix Nobel de physique Alain Aspect lors d'une interview au Forum Teratec, début juin. «Ces échanges ont permis d'aller très vite» dans le développement de la start-up Pasqal, raconte-t-il. «Je crois que c'est le modèle de Stanford et Harvard, il est heureux qu'on le reproduise en France».
«L'objectif du programme est aussi d’offrir aux entrepreneurs un programme d’accompagnement complet pour accélérer le développement des bonnes idées et renforcer la capacité de la recherche publique à créer de l’emploi», argue le DG de CNRS Innovation. En 2019, la structure avait déjà créé le programme Rise, qui a depuis accompagné une centaine de projets de start-up deeptech.
Prochaine étape : le lancement, d'ici quelques semaines, de Rise +, un programme de partenariats avec des investisseurs industriels. « Avec France 2030, nous sentons une prise de conscience et une volonté politique d'avancer vers la réindustrialisation, avec plusieurs projets en cours, ajoute l’ancien conseiller de Frédérique Vidal au ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur. Le CNRS, qui est multithématiques, a une vraie carte à jouer dans ce domaine.»



