A Nantes, la baisse du marché des pompes à chaleur entraîne la suppression de 250 postes chez Saunier Duval

L’usine nantaise de Saunier Duval, historiquement spécialisée dans les chaudières à gaz murales, a lourdement investi depuis quatre ans pour prendre le virage des pompes à chaleur. Elle subit aujourd’hui le retournement de ce marché avec un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) portant sur un total d’environ 250 postes.

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Site Saunier Duval de Nantes
Après la suppression de 50 postes en mai Saunier Duval annonce un PSE de 250 emplois sur son site nantais.

Saunier Duval a annoncé, lundi 15 juillet, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) portant sur un total d’environ 250 postes sur son site de Nantes (Loire-Atlantique), lequel emploie 750 salariés sur l’unité de production. L'effectif est de plus de 950 personnes au total avec les autres entités, dont celle gérant les pièces détachées. Déjà, en mai, la suppression de 50 postes avait été annoncée sur ces entités annexes. «Cela fait suite à la baisse du marché des pompes à chaleur qui se traduit par une baisse continue de nos volumes de production», explique Yuna Jossé, directrice générale de l’usine nantaise, filiale du groupe allemand Vaillant. «Nos volumes et nos pronostics de volumes pour l’année prochaine sont revus à la baisse, de plus de 50%», poursuit la dirigeante.

Investissements sur pause

Située à l’est de Nantes, Saunier Duval est l’une des plus anciennes manufacture de Nantes. Historiquement spécialisées dans les chaudières murales à gaz, elle a engagé en 2020 une bascule pour se positionner vers les pompes à chaleur (PAC) sans renoncer aux chaudières, marché sur lequel elle semble tenir bon. Une capacité de 120000 PAC a été mise en place, «mais nous sommes bien en deçà en production», regrette Yuna Jossé. En mars 2023, un nouveau plan d’investissements de 30 millions d’euros était engagé. Il a été partiellement réalisé avec la mise en place de deux nouvelles lignes de PAC de nouvelle génération s’ajoutant aux trois existantes ainsi qu’une ligne de peinture dont l’installation s’achève. Le reste du plan sera mis sur pause en attendant la reprise du marché «que l’on espère vers la mi-2026», indique Yuna Jossé.

L’entreprise avait déjà pris des mesures pour réduire sa force de travail, notamment par le biais de «prêts» de 90 salariés à d’autres industriels nantais, dont Airbus, ACB, Vibracoustic, ou Vorwerk. «Nous avons aussi favorisé les congés sabbatiques, mais cela ne suffit plus», déplore Yuna Jossé. Les négociations du PSE vont donc démarrer en septembre pour une application début 2025. Si les départs volontaires ne suffisent pas, des départs contraints sont prévus à partir d’avril 2025. Sur les 250 postes concernés, 180 à 190 sont liés à la production, le reste concerne des fonctions supports, cadres et techniciens. Saunier Duval, comme la plupart des industriels européens de la PAC, subit le marasme du marché immobilier, l’inflation et l’instabilité politique. La filière pointe aussi, malgré les ambitions gouvernementales, un système d’aides peu intelligible et mal positionné. En 2023, Emmanuel Macron lançait aux industriels français le défi de produire un million de pompes à chaleur par an d'ici à 2027. Selon l’organisation professionnelle Uniclima, il s’est vendu 306000 PAC «air-eau» en France en 2023, soit une baisse de 14% par rapport à 2022.

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