A Aubervilliers, les JO 2024 se mettent à l’impression 3D du béton

Dans le cadre des aménagements réalisés en prévision des jeux Olympiques 2024, XtreeE, le spécialiste français de l’impression 3D du béton, va fabriquer une passerelle au-dessus du canal Saint-Denis, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). La structure de 40 mètres de long sera la première du genre.

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Passerelle imprimée en 3D - Aubervilliers
La passerelle, de 40 mètres de long, enjambera le canal Saint-Denis à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

Même les jeux Olympiques 2024 se mettent à l’impression 3D. Dans le cadre des aménagements réalisés en prévision de l’événement, XtreeE, spécialiste français de l’impression du béton, va construire une passerelle de 40 mètres enjambant le canal Saint-Denis à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). L’ouvrage, qui doit être livré en 2023 et dont seul le tablier sera imprimé en 3D, sera le premier du genre.

Si d'autres ponts ont déjà été imprimés – notamment un métallique à Amsterdam (Pays-Bas) – celui que fabriquera XTreeE sera le premier fait de béton. Un matériau haute-performance qui, renforcé de fibres et associé à la technique de fabrication de structure en nid d’abeille, devrait permettre une réduction de 60 % de la quantité de béton utilisée pour ce type de construction.

Freyssinet, Lafarge-Holcim et l’école des Ponts ParisTech

Financé à hauteur de 5 millions d’euros, le projet comporte une phase de R&D de 15 mois. "Nous travaillons depuis la fin de l’été avec Lafarge-Holcim pour développer un matériau adapté à l’ensemble des procédés et pour utiliser le moins de béton possible", relate Alain Guillen, directeur général et co-fondateur de la start-up basée à Rungis (Val-de-Marne).

XtreeE n’est pas seul sur le coup. Le projet est réalisé par un consortium dirigé par Freyssinet, filiale de Vinci Construction, rassemblant Quadric, filiale de l’ingénieriste Artelia, le spécialiste du béton Lafarge-Holcim et le cabinet Lavigne & Cheron Architectes. La start-up bénéficiera aussi des recherches menées par l’école des Ponts ParisTech, équipée depuis deux ans d’une tête d’impression de la marque.

Répondre aux contraintes du lieu

XtreeE pourra aussi s’appuyer sur sa propre expérience d’impression de structures de grande dimension réalisées en atelier, qui ont déjà permis de fabriquer des pylônes télécoms et… des maisons."Nous conservons la même philosophie pour la passerelle, affirme Alain Guillen. Les éléments [des tranches de plateforme d’environ 2 mètres de large] seront imprimés en atelier puis acheminés sur site et assemblés par Freyssinet."

Un mode de fonctionnement – en opposition à l’impression sur site – qui, selon le directeur général, apporte "un avantage pour le contrôle de la qualité, la maîtrise des délais et donc du coût". Et qui répond aux contraintes du lieu. "La passerelle est construite en zone urbaine, au-dessus d’une voie fluviale utilisée par des bateaux de commerce, observe-t-il. Il faudra donc l’assembler en un temps record pour limiter l’impact sur l’activité économique et sur la tranquillité des riverains."

Passerelle imprimée en 3D - AubervilliersLavigne & Chéron Architectes
Passerelle imprimée en 3D - Aubervilliers Passerelle imprimée en 3D - Aubervilliers

Vue d'architecte de la passerelle en situation. (©Lavigne & Chéron Architectes)

Des prototypes seront réalisés afin de préparer l’assemblage et de garantir le bon déroulé des opérations. Une technique déjà éprouvée sur le projet de maisons imprimées, à Reims (Marne), mené par le promoteur Plurial Novilia. Là, un chantier fictif a été réalisé, à taille réelle, pour préparer la manutention et le montage des pièces préfabriquées par XtreeE.

Il en sera de même à Aubervilliers où la start-up et ses partenaires, comme les sportifs préparant les JO, s’entraîneront avant de tenter leur exploit.

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