«Le polyéthylène est un matériau qui n'est pas dans l'air du temps», reconnaît Mathieu Abiteboul, directeur général de XL Recycling et actionnaire du groupe Reborn (150 millions d'euros de chiffre d'affaire, 450 salariés). «Pour autant, le marché est là, les déchets sont là, et nous devons vite prendre le train de l'économie circulaire».
C'est dans cette perspective que l'entreprise a inauguré fin février une nouvelle unité de recyclage sur son site de Bernay (Eure). Cette nouvelle ligne sera en capacité de désencrer et traiter des déchets de films plastiques issus de l'industrie, des parcs logistiques ou de la grande distribution sur un grand quart Nord-Ouest du territoire national. Il en sortira des granulés qui seront, à leur tour, transformés en films plastiques dans l'usine Reborn voisine. C'est la technologie Bclear, développée par XL Recycling sur ses sites de Bernay et d'Ogeu (Pyrénées-Atlantiques), qui permet le désencrage des films et, ainsi, le recyclage en un nouveau film transparent.
Le groupe Reborn, qui produit des films de polyéthylène, ambitionne de passer d'ici à 2025 à 80% d'emballages à base de matériaux recyclés. En utilisant 40 000 tonnes de déchets à l'entrée de la ligne, et en ayant économisé 80 000 tonnes de CO2 en sortie de ligne. «Ce qui sort d'une usine XLRecycling, explique le directeur général, ce sont des granulés de polyéthylène. Ceux-ci pourront alors être utilisés pour produire du film plastique Reborn».
C'est pour instaurer une synergie industrielle que le groupe a pris le parti d'installer des unités de production XL Recycling à proximité directe de ses usines de fabrication de films, comme à Bernay (Eure). Le site normand compte 200 salariés travaillant à la production de films et, actuellement 10 sur le pôle recyclage. Mathieu Abiteboul entend monter ce nombre à 18 d'ici fin 2024, après avoir investi environ 3,5 millions d'euros dans le projet.
Un soutien de la Banque publique d'investissement
L'opération de développement de l'entité XL Recycling a commencé en 2022, avec le soutien de Bpifrance. La banque publique, via son fond Société de projets industriels (SPI), y a contribué à hauteur de 10 millions d'euros. «Le projet de Reborn a retenu notre attention par l'utilisation haut de gamme d'un déchet, avec une ampleur qui avait du sens», explique Jean-Philippe Richard, qui accompagne XL Recycling pour le fond SPI. «On est au bon endroit au bon moment, il y a un potentiel de croissance très significatif sur ce secteur.»
En développant cette activité sur son site historique de Bernay, le groupe Reborn ambitionne de devenir le premier recycleur français de film plastique.



