L'année 2020 se termine mieux qu'elle n'a commencé pour LVMH, le numéro 1 du luxe. Après un premier semestre qui avait vu baisser ses ventes de 28%, le groupe, propriétaire des maisons Dior, Vuitton, Hennessy affiche un chiffre d'affaires en recul de 17% à 44,7 milliards d'euros.
La mode et la maroquinerie limitent le choc
Une baisse limitée notamment grâce à la reprise qui a marqué la seconde partie de l'année. "Le repli a été réduit à 5% sur le deuxième semestre" souligne Jean Jacques Guiony, directeur financier du groupe, lors de la présentation des résultats le 26 janvier. Ces chiffres sont avant tout tirés par les grandes maisons du groupe, comme Vuitton ou Dior, qui affichent, sur les derniers mois de l'année, une croissance à deux chiffres. "Nous connaissons déjà les gagnants de cette période. Quant aux perdants, la période n'est pas adaptée à une revue de portefeuille" s'est défendu Jean-Jacques Guiony. Les départements montres et joaillerie, et vins et spiritueux tirent également leur épingle du jeu, avec des ventes respectivement en baisse de 2% et 11% sur le dernier trimestre par rapport à la même période l'an dernier.
Forte reprise aux Etats-Unis et en Asie, plongeon en Europe
Le rebond a été plus marqué en Asie et en Amérique du Nord. Sur le dernier trimestre, les ventes y ont cru respectivement de 24% et 5%. Ces deux zones continuent de représenter les principales destinations des produits du groupe du luxe, avec respectivement 34% et 24% du chiffre d'affaires de LVMH. L'Europe est le continent où LVMH paie le plus lourd tribut à la crise, avec un chiffre d'affaires en recul de 28%. La France représente 8% des ventes du groupe.
Repli des acheteurs sur les valeurs sûres
Alors que, selon l'étude annuelle du cabinet de conseil Bain & Company, le secteur a, au global, reculé en moyenne de 20 à 22% sur l'année, les résultats de LVMH illustrent la résilience du groupe et notamment de ses marques les plus classiques.
Ce repli vers les "valeurs sûres" s'illustre, chez l'ensemble des acteurs du luxe, par une décroissance moindre des marques de joaillerie. "Les chaussures et les bijoux sont les catégories de produits qui ont le moins ralenti" note Bain & Company. "La joaillerie a connu une demande soutenue en Asie et a bénéficié des ventes en ligne. Cette catégorie reste polarisée avec la haute joaillerie et les articles emblématiques plus accessibles qui ont entraîné la reprise."
Le rachat de Tiffany, finalisé le 7 janvier dernier pour un montant de 12,88 milliards d'euros, permettra à LVMH de renforcer sa présence sur ce segment. Un levier de résilience de plus.



