L'annonce de la fermeture définitive du site Vallourec de Saint-Saulve, dans le Nord, a été annoncée le 18 mai, en marge de la publication des résultats du groupe pour le premier trimestre 2022. Les syndicats et les 104 salariés du site de Vallourec de Saint-Saulve, près de Valenciennes, étaient pendus à ces derniers, communiqués en fin de journée. « Nous nous en doutions depuis quelques jours, indique Michaël Tisson, délégué CFDT. Le scénario était similaire à celui du site de Deville-les-Rouen en Seine-Maritime, fermé il y a un an et demi. »
Une fermeture "inévitable"
Un PSE sera mis en place courant de semaine prochaine. « La direction va nous donner deux jours off, sans production, payés, de manière à ce que nous puissions échanger avec les partenaires sociaux », précise Christophe Blareau, représentant syndical FO. Pour l'ensemble des organisations syndicales, cette fermeture était inévitable. « Lors de son arrivée il y a deux mois, le nouveau directeur a été clair. Il a dit que pour conserver un site en France, ce dernier doit dégager du cash, son RBE doit être positif et il doit avoir une vision à long terme. Ce n'est pas le cas pour le site de Saint-Saulve », partage Michaël Tisson. Le carnet de commandes, pourtant, est plein jusqu'en juillet. « On nous appelle même pour faire des heures supplémentaires, alors que nous sommes en activité partielle longue durée. »
« Cette fermeture est une étape nécessaire et vitale, précise le PDG Philippe Guillemot. Elle vise à sécuriser les marges d'aujourd'hui nécessaires pour les investissements de demain. Le site de Saint-Saulve manque de compétitivité au niveau européen. L'ensemble des activités en France sera recentrée sur le site d'Aulnoye-Aymeries. Cette annonce structurante va permettre de bâtir le nouveau Vallourec. »
Fermeture des actifs allemands en 2023
Le site de Saint-Saulve est dédié aux finitions des tubes fabriqués sur un site allemand, qui n'est d'ailleurs pas épargné par cette restructuration. En effet, en perte de 100 millions d'euros par an depuis sept ans, il sera également fermé. 2950 postes permanents seront ainsi supprimés dans le monde, sur les quelque 17 000 que compte le groupe : 2400 en Allemagne et 550 dans le reste du monde. Dont 250 dans le Nord: une centaine à Saint-Saulve, une centaine à Aulnoye-Aymeries, le reste au centre de service partagé à Valenciennes. L'activité allemande de laminage pour les marchés pétrole et gaz sera transférée au Brésil d'ici à fin 2023.
Même si le couperet vient de tomber, les organisations syndicales sont confiantes quant à la prise en compte de leurs recommandations. « Nous agirons en employeur responsable », assure Philippe Guillemot. Pour Christophe Blareau, les discussions sont ouvertes : « les conditions de départ sont parties pour être dignes », veut croire le syndicaliste FO.



