Enfin ! Prévus initialement pour fin 2018, les décrets de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) ont été publiés au Journal officiel le 23 avril 2020. La cause de ce retard ? Le gel de la taxe carbone suite au mouvement des Gilets jaunes et le constat que l’horizon 2025 prévu par la loi de 2015 pour ramener à 50 % la part du nucléaire dans le mix électrique était intenable.
Il fallait une loi pour reporter l’échéance à 2035 et encadrer des décisions symboliques du gouvernement, comme la fermeture des centrales à charbon d’ici à 2022, et surtout fixer l’objectif de neutralité carbone en 2050. C’est chose faite. La loi énergie climat a été adoptée en novembre 2019. Mais si la SNBC dresse bien une trajectoire pour atteindre la neutralité, la PPE, elle, se concentre sur la manière de réduire le nucléaire et de porter la part des énergies renouvelables à 33 % en 2030, tout en réduisant de 40 % la consommation d’énergies fossiles.
Contrainte budgétaire oblige, ce sera au détriment du développement des gaz renouvelables et des carburants alternatifs. Et pour une vraie politique de sortie des fossiles, avec suppression des avantages fiscaux et développement massif des alternatives, à l’image des biocarburants avancés et de l’hydrogène vert, il faudra revenir plus tard.
Quant aux problèmes de fond, comme la gestion cordonnée de la ressource biomasse, ils devront être traités ailleurs. La réflexion sur une stratégie énergie climat, coordonnée avec une politique agricole et industrielle privilégiant développement des puits de carbone et circuits courts, n’est pas plus d’actualité. Certes, la lutte contre le réchauffement climatique passe par une électrification massive des usages. Mais l’électricité ne pourra pas remplacer toutes les énergies, surtout celles qu’il ne faudra plus consommer.



