Reportage

Une ligne pour les emballages en papier du futur

À San Giorgio Monferrato, en Italie, Bobst travaille en toute discrétion sur l’accroissement des propriétés de l’un des matériaux de conditionnement les plus appréciés du moment.

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BOBST Leonardo sachet papier pet-food
L'alimentation animale figure parmi les domaines où l'emploi de papier barrière pourrait représenter une alternative aux complexes à base de plastique dans le conditionnement.

Leonardo ! Le nom ne pouvait être mieux choisi. C’est sans doute à Léonard de Vinci que les ingénieurs de Bobst ont pensé lorsqu’il a fallu baptiser cette ligne particulière, dédiée à la recherche et au développement de matériaux d’emballage souples, notamment le papier. À l'instar du célèbre artiste et scientifique, qui était avant tout un visionnaire, cette installation se projette véritablement dans l'avenir.

« Nous essayons d’augmenter les propriétés barrière du papier à l’eau et à l’oxygène ainsi qu'aux graisses, avec l'application d'enductions et de vernis, tout en tentant de garder intactes les propriétés de recyclabilité de ce matériau », résume Nanni Bertorelli, directeur de la recherche, du développement et de l’ingénierie (RD&E) chez Bobst. Si l’idée est née en 2016, la ligne a été inaugurée trois ans plus tard. « Nous avons eu de la chance, souligne le dirigeant, le "timing" ne pouvait être meilleur. L’émergence d’une vraie conscience environnementale chez les consommateurs a favorisé l’intérêt pour le papier. » Le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR), approuvé début 2025, va dans la même direction. Il encourage les matériaux recyclables aux dépens de ceux qui ne le sont pas, comme les films complexes pour lesquels le papier s'affiche en alternative. 

Tunnel de séchage

Implanté au Competence Center Bobst de San Giorgio Monferrato, dans le Piémont (Italie), Leonardo (ci-dessous) se distingue par ses dimensions imposantes, dans un site qui sert à la fois de centre d’assemblage et de démonstration pour les machines d’impression et de contrecollage produites par le groupe suisse. Équipée d’un tunnel de séchage de 20 mètres, la ligne mesure une bonne dizaine de mètres de hauteur pour 40 mètres de long. Elle traite exclusivement des matériaux en bobine, d'une laize maximale de 1,3 m.

Le cœur du dispositif est représenté par les procédés d’application des enductions et des vernis. « Nous possédons une trentaine de systèmes d’application de vernis développés par nos soins, afin de pouvoir appliquer au mieux les revêtements sur le papier, c’est sans doute la partie la plus technique », explique Nanni Bertorelli, avant de préciser : « Il s’agit d’un matériau assez complexe, car il a une surface irrégulière. S'il est nécessaire d'appliquer une quantité minimale de produits chimiques pour éviter de perturber sa recyclabilité, la barrière doit être partout, le risque étant de compromettre la conservation des denrées qui sont à l’intérieur. » 

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BOBST Leonardo BOBST Leonardo (Riccardo Cordera)

600 essais en deux ans

Les conditionnements sont améliorés en jouant à la fois sur la qualité des papiers, les systèmes d’application et le réglage des paramètres de process. Bobst met sa ligne à la disposition des marques et des imprimeurs, en la louant. « Nous avons effectué jusqu’à 600 essais il y a deux ans, au plus fort de la demande, observe Nanni Bertorelli. Presque tous les grands fabricants de produits alimentaires sont passés chez nous. » Cette demande est particulièrement importante parmi les fournisseurs de snacks, de soupes déshydratées, de chocolat, de café et, plus généralement, de produits secs ou en poudre. Les fabricants d'aliments pour animaux s'y intéressent.

La majorité des marques cherchent à remplacer les complexes traditionnels par des matériaux plus durables, pour des questions liées au marketing et à la réglementation, sachant que tous les emballages à usage unique devront être recyclables à partir du 1er janvier 2030. Pour les mêmes raisons, les producteurs d'articles tels que les hamburgers, les frites ou le beurre, souhaitent tester la résistance à la graisse des papiers. « Pressées par la réglementation, les marques ont besoin de savoir si elles peuvent changer de conditionnement, mais leurs fournisseurs d’emballages n’ont ni le temps ni les compétences pour s’en occuper. Les papiers barrière représentent une science complètement nouvelle », indique Nanni Bertorelli.

La question du prix

Bobst peut compter sur certains partenaires, allant d'UPM, pour le papier, à Michelman, Dow, ou encore Sun Chemical, dans les vernis. Ce réseau lui est extrêmement utile, car si les choix du papier et des revêtements se révèlent être les bons, il faut aussi que la barrière persiste dans le temps, ce qui implique des développements parfois complexes, plus longs, au niveau de la chimie des matériaux. « Dans la plupart des cas, ces matériaux d’emballage doivent être ensuite pliés, écrasés, soudés sur des machines automatiques. Il est donc essentiel que les barrières puissent résister à ces étapes, que le papier ne se détériore pas au fil du process », insiste le responsable. Divers produits, dont les conditionnements ont été développés, au moins en partie, à San Giorgio Monferrato, sont aujourd'hui présents sur le marché. Pour des raisons de confidentialité, Bobst préfère en taire les noms.

Mais, à l’heure actuelle, le plus grand défi réside assurément dans le compromis économique. Parce que le papier, surtout le papier haute barrière, coûte plus cher que les complexes à base de plastique. « Nos clients nous demandent maintenant de réduire ce différentiel ! », constate Nanni Bertorelli. Pour y parvenir, Bobst suit plusieurs pistes, comme celle de la hausse de la vitesse d’application ou encore celle de la diminution de quantité de vernis et d'enduits barrière. Mais rien n’est facile, car chaque produit est différent. Quoi qu’il en soit, ce savoir-faire lui est extrêmement utile. Disposant déjà d’une forte renommée dans le façonnage et l’impression d’emballages en carton et en matériaux souples, le constructeur suisse est sur le point d'acquérir une réputation dans le complexage durable des conditionnements, un domaine où presque tout reste à inventer. 

BOBST Leonardo sachet soupe
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