Cela ne lui avait jamais effleuré l’esprit, mais c’est bien au rang de Chevalier de la Légion d’honneur qu’a été élevée Nathalie Seninck, présidente de STTS Corona Plasma, le 13 février 2025. “C’est le plus grand honneur que je puisse recevoir et je suis très émue et fière d'avoir le droit de la porter. J’ai tenu à ce que ce soit Bruno Lemaire qui me la remette, car c’est lui qui en a fait la demande alors qu’il avait notamment en charge le portefeuille de l’industrie”, confie l’intéressée. L’entrepreneuse a repris tout début 2012 une activité de fabrication de systèmes corona qu’elle a élargi aux autres procédés de traitement de surface, plasma et flammage, pour créer STTS dont l’activité est centrée à 85 % autour de la grande famille des plastiques. Il faut dire qu’elle est tombée dans la plasturgie dès ses 10 ans, en découvrant une ligne d’extrusion alors qu’elle accompagnait son père en visite professionnelle... Sa première rencontre avec la magie, explique-t-elle !
Une passion et une envie de défendre la plasturgie et l’industrie en général qui n’ont pas échappé à l’ancien ministre de l’Économie à l’occasion d’un déjeuner organisé par l’association de chefs d’entreprises Croissance Plus à laquelle elle appartient. “Puis-je être vraiment franche et sincère ?”, demande Nathalie Seninck. “Oui !”, répond avec un sourire Bruno Lemaire qui l’écoute alors lui demander quelles actions mène celui-ci en faveur de l’industrie et évoquer le parcours du combattant des entrepreneurs de l’industrie en France... “Un langage de vérité qui a dû l’interpeller”, estime-t-elle.
Une véritable reconnaissance
C’est à Paris en présence d’environ 80 invités que s’est déroulée la cérémonie de remise officielle, rassemblant bien sûr famille et proches mais aussi clients, collaborateurs, entrepreneurs, et membre de structures comme Croissance Plus, l’Essec Business School où elle a suivi l’accélérateur PME “10 000 Small Businesses” ou encore l’ACDI, l’association des constructeurs et distributeurs de la plasturgie dont elle fût secrétaire bénévole durant 17 ans et à laquelle elle appartient toujours.
DR De gauche à droite : Antoine Bidet, ancien Pdg de BMS Beweplast ; Laurent Beaurepaire, DG d'Albis ; Stéphane Castin, Leader BU Plastique de Kistler France ; Nathalie Seninck, Emmanuel Rabut, ancien DG de Nexeo Solutions ; Gilles Mazzolini, DG de Sumitomo Demag France et président de l'ACDI ; Benoît Dorsemaine, directeur territorial chez Polyvia, et, Raphaël Roux, Pdg de Farpi-France.
“Je défends, à mon humble niveau, l’industrie hexagonale depuis de nombreuses années. Cette Légion d’honneur constitue une véritable reconnaissance de ce que j’ai pu accomplir au cours de ma vie professionnelle. Ma volonté est de faire bouger les lignes en faveur des entreprises”, souligne la dirigeante. Par exemple, en participant à la rédaction de l’ouvrage “Idées reçues sur les entrepreneurs” publié en août 2024 par Audrey Louail, la présidente de Croissance Plus (Éditions Le cavalier bleu). Elle y parle notamment du défi d’être une femme dans ce monde d’hommes. “En ce qui concerne le syndrome de l’imposteur, en tant que femme chef d’entreprise, je l’ai vécu avant de comprendre que j’étais exactement à ma place. (...). Rien n’est impossible si l’on est mû par l’envie, même s'il faut parfois un peu plus de courage en tant que femme”, écrit-elle notamment.
DR Nathalie Seninck et ses enfants : Deborah, Mathieu et Benjamin.
Envie et courage, Nathalie Seninck n’en manque pas. Trilingue français-anglais-allemand, elle débute sa carrière en tant qu’assistante commerciale Export jusqu’en 2000. Puis reprend des études après la naissance de son troisième enfant. “J’ai obtenu un Master en Langues et Affaires internationales à l’université d’Orléans. Travaillant parallèlement en Freelance pour une société américaine de plasturgie, j’ai trouvé les aspects techniques de l’injection passionnants, et j’ai bossé la nuit pour apprendre”, se remémore-t-elle. Puis recrutée par Kistler France, elle passe à nouveau par une phase de formation technique pure (mécanique, électricité, électronique, piézoélectricité). “Ce furent les six pires mois de ma vie, mais j’ai tout appris !”, se souvient-elle encore. De 2006 à 2011, le chiffres d'affaires de la BU Plastique explose, talonnant les Allemands.
“Un formidable tremplin pour aboutir à mon aspiration profonde : créer ma propre entreprise. Je ne regrette rien des difficultés passées car elles me permettent aujourd’hui, avec mes équipes, de vivre une expérience, certes difficile, mais passionnante par nos propositions de solutions d’amélioration de l’adhésion uniques et dédiées à nos clients pour leur permettre, à leur tour, d’être performants dans la qualité apportée”, conclut la récipiendaire de la plus haute distinction nationale.



