Emballages Magazine avait consacré un dossier au réemploi il y a tout juste un an, et en dédie un nouveau à ce même sujet dans son numéro de janvier-février pour une bonne raison : le marché est en plein essor. L’entrée en vigueur de la loi Antigaspilage pour une économie circulaire (Agec) a, en effet, quelque peu modifié la donne dans de nombreux secteurs. Depuis le 1er janvier dernier, par exemple, les établissements de la restauration rapide possédant plus de vingt places sont obligés de proposer les repas à consommer sur place dans des contenants et de la vaisselle réutilisables. La même obligation incombe aux prestataires du portage à domicile depuis le 1er janvier 2022. Et, d’ici à 2030, le vrac, qui sera rendu obligatoire dans la grande distribution à hauteur de 20% de la surface de vente, représentera sans doute un immense levier pour le réemploi. C’est dans ce contexte porteur que se sont développées des entreprises comme Uzaje, Eternity Systems ou Re-Uz. Mais nous pourrions également citer Pyxo, Dabba, Berny ou Loop. Certains sont spécialisés dans le lavage, quand d’autres font du conseil dans la « transition » écologique, sans oublier les « poolistes », dont le rôle consiste à gérer des parcs de contenants.
Un spécialiste du lavage
Aquarys se positionne très clairement en tant que laveur. La filiale du groupe Tri.O Greenwishes a ouvert début janvier son tout premier centre de lavage dans les sous-sols du quartier de La Défense (Hauts-de-Seine), dans le centre commercial Westfield Les 4 Temps. « Nous sommes situés au plus près des restaurants, au cœur d’un quartier d’affaires et de magasins qui accueille 42 millions de personnes par an », s’enorgueillit Constance Bachoud, directrice innovation circulaire de l’entreprise. Et de poursuivre : « Nous visons la restauration rapide, à la fois les grandes chaînes et les indépendants, avec une offre basée sur la collecte, le lavage et la distribution. » L’entreprise a investi plus de 1 million d’euros dans ce centre de lavage, avec le soutien de l’Agence de la transition écologique (Ademe), la ville de Paris et la région Île-de-France. D’une surface de 300 m² hors stockage, le local héberge un tunnel de lavage de 14 m de long d’une capacité de 20 000 contenants par jour. L’entreprise met en avant des procédures hygiéniques strictes, effectuées selon le protocole HACCP et le respect de la norme DIN 10534.
Boîte à Bento
« À la différence de la plupart des machines installées chez nos concurrents, la nôtre intègre quatre groupes de séchage, ce qui permet d’ôter toute l’humidité présente sur les parois des contenants en plastique, qui sont aussi les plus difficiles à sécher, afin d'éviter la prolifération des bactéries, explique Constance Bachoud. De plus, nous avons investi dans des extracteurs d’air pour maintenir le taux d’hygrométrie au niveau le plus bas possible ». Le lavage peut être effectué jusqu’à 80°C, la plage de température dépendant du matériau qui constitue des contenants (verre, métal, plastique) et du degré de saleté. « Nous utilisons un tapis à picots afin de traiter tout type de contenant, quelle que soit sa forme, du bol au bac gastro en passant par la boîte à bento », souligne la responsable.
Outre le lavage, Aquarys met en avant, comme autres points différenciants, le mode de transport des contenants et une logistique optimisée. Concernant le premier point, la société s’est fixée comme objectif d’effectuer la collecte et la livraison auprès de ses clients uniquement en chariot ou au moyen de véhicules électriques, en l’occurrence le vélo cargo pour les petites distances et le camion pour celles plus importantes. Quant au deuxième point, Aquarys mise sur une implantation au plus près des opérateurs, donc au centre des villes afin de limiter les transports.

- 120-3.15
Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
- -5+100.0
Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
Autofinancement
L’entreprise peut déjà compter sur quelques clients pour son centre de lavage de La Défense parmi lesquels une chaîne de restauration rapide « haut de gamme » et de nombreux indépendants. Elle est en discussion avec les municipalités de Châtillon et de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour intervenir dans les cantines scolaires et pense aussi s’implanter dans d’autres grandes villes. Pour développer ses projets, la société s’appuie sur l’autofinancement. Sa maison mère Tri.O Greenwishes (groupe TGW), spécialisée dans la collecte, le tri et le recyclage de déchets auprès des professionnels, se porte bien. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros au cours du dernier exercice, en progression de 20%. Et Aquarys veut profiter de son réseau de clients – parmi lesquels figurent Elior, Sodexo, Unibail ou encore McDonald’s et la Samaritaine – pour développer son activité.
L'entreprise peut aussi compter sur ses partenaires du réemploi, à l’image de Pyxo, La Consigne GreenGo et Vytal, spécialisés dans les contenants réemployables ou encore Noww qui a développé des conteneurs connectés. Forte de ces atouts, elle pense déjà à la mise en place d’un deuxième site d’exploitation, dans quelques mois, en plein centre de Paris, à Châtelet. La société s’intéresse aux centaines de fast-foods présents dans le secteur, mais aussi aux restaurants « mange-debout » et à l’événementiel, pour des manifestations comme l’arrivée du Tour de France. « Nous assistons à un véritable changement en plein centre de la capitale, avec une multiplication des espaces vacants, liés à l’abandon des voitures, - indique Constance Bachoud, c’est bon signe, car le réemploi va avoir besoin de place pour se développer ». Et de conclure : « Il y a un vrai marché et le gouvernement ne fera pas marche arrière sur ce dossier! »



