Un syndicat attaque la RATP sur la pollution dans le métro francilien

Le syndicat SAT-RATP a annoncé mercredi 26 mai son intention de porter plainte contre son employeur, pour « mise en danger d’autrui et blessures involontaires ». Pour ses représentants, la pollution dans le métro francilien causerait une surmortalité chez les employés. La RATP dément formellement ces accusations.

Réservé aux abonnés
métro Paris personne avec masque
Selon une étude interne datant de 2013, les ouvriers non qualifiés de maintenance seraient particulièrement exposés aux risques de la pollution.

Une nouvelle plainte vise la RATP pour la pollution dans le métro francilien. Après celle de l'association Respire en mars, qui dénonçait des faits de tromperie aggravée, c'est au tour du syndicat non représentatif SAT-RATP d'entamer une action en justice, pour mise en danger d'autrui et blessures involontaires. Dans un communiqué publié mercredi 26 mai, le syndicat explique s'appuyer en partie sur l'étude qu'avait réalisée Respire et qui attestait de « niveaux de pollution alarmants ». Selon ses résultats, la RATP ne communiquerait pas les véritables chiffres sur la pollution aux microparticules et l'air des métros parisiens atteindrait en réalité jusqu’à dix fois le seuil d’un pic de pollution en extérieur.

Des risques pour les agents de la RATP ?

Les représentants du syndicat mettent également en avant une analyse du service de santé au travail de la RATP, remise en 2013. Elle conclue à une surmortalité de 29 % pour les agents administratifs, 31 % pour les agents de station et de 51 % pour les ouvriers non qualifiés de maintenance, par rapport au reste de la population de l'Île-de-France.

Par ailleurs, le SAT accuse son employeur de cacher les résultats précis d'études réalisées plus tôt. « La RATP refuse d’informer ses salariés et continue de les exposer à des risques sanitaires considérables dont elle a parfaitement connaissance », assurent les syndicalistes.

57 millions d'euros d'investissement

De son côté, l'exploitant du métro parisien a démenti formellement leurs allégations et a déclaré que les résultats d'une nouvelle étude allaient prochainement être présentés aux organisations syndicales représentatives, dont ne fait pas partie le SAT. Le groupe a également précisé qu'il menait depuis près de 20 ans des études médicales sur l'état de santé des agents actifs ou retraités. « À ce jour, ces études ne montrent aucun impact sur les salariés en lien avec l'exposition à l'air des espaces ferroviaires souterrains », affirme la RATP dans un communiqué.

La RATP en a profité pour rappeler qu'elle était engagée dans un plan élaboré avec Île-de-France Mobilités, qui prévoit notamment un investissement de 57 millions d'euros entre 2020 et 2024 pour améliorer le renouvellement d'air dans les stations et les gares. Après la publication de l'étude de Respire, en janvier, la présidente de la région Valérie Pécresse a néanmoins demandé à Airparif une mission d'expertise sur le système de mesure de la qualité de l'air dans le métro parisien. Cette dernière devrait être lancée prochainement.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.