L’hydrogène s’est glissé un peu partout dans le plan de relance français présenté le 3 septembre 2020 par le gouvernement. Il y a certes les deux milliards d’euros pour développer une filière de production industrielle d’hydrogène "vert", c’est-à-dire à partir d’eau et d’énergies renouvelables, ou - on est au pays du nucléaire – bas carbone. Ils serviront à soutenir des projets portés par les entreprises dans les territoires, à alimenter un mécanisme de soutien par complément de rémunération à la production centralisée d'hydrogène produit par électrolyse de l’eau suite à des appels d’offres, à financer des démonstrateurs européens, à soutenir l’industrialisation des équipements ad hoc (pile à combustibles, réservoir…), ainsi qu’au développement des usages.
Décarboner le spatial ?
Des usages qui seront en partie aussi soutenus ailleurs dans le plan de relance. Et pas forcément dans le volet transition écologique. Dans le volet compétitivité, on apprend qu’une partie des 365 millions d‘euros destinés à la filière, et financés par l’Europe, servira à payer un projet industriel d’unité de production d’hydrogène "vert" début 2021 sur le site d’ArianeGroup à Vernon (Eure) où sont conçus, développés et produits des systèmes propulsifs liquides pour lanceurs. "Les travaux pour la production d’hydrogène vert à Vernon pourraient débuter dès septembre", a indiqué le gouvernement le 12 janvier 2021, lors d'une visite d'Emmanuel Macron sur le site. Engie, qui a répondu a une appel d'offre lancé fin 2020, est sur le rangs.

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Le 10 septembre 2020, Engie et ArianeGroup avaient annoncé un partenariat pour développer des "liquéfacteurs d'hydrogène vert compétitifs et des produits et services pour le maritime et le fluvial", racontait Claire Vaysand, la directrice général d'Engie par interim. Les deux projets n'ont "rien à voir l'un avec l'autre", a précisé à L'Usine Nouvelle Jean-Christophe Henoux, responsable des nouveaux programmes chez ArianeGroup.
Soutien aux usages dans l'aéro, l'auto et le maritime
D’autres usages de l'hydrogène, dans les transports, sont aussi prévus pour être financés par le plan… si les projets arrivent à temps. Dans le volet verdissement des ports sont prévues des aides pour développer des motorisations hybrides, Gaz Naturel Liquéfié (GNL) ou hydrogène et la création de points d’avitaillement de GNL et d’hydrogène. Dans le volet "plans de soutien aux secteurs de l’aéronautique et de l’automobile", présenté à la fin du printemps, sont prévus des dispositifs de reconversion d’activités vers des véhicules électriques ou à hydrogène, et de soutien à la préparation des futurs générations d’aéronefs (ultrasobre et/ou à l’hydrogène comme énergie primaire), etc. Sans parler des primes à la conversion pour l’achat de véhicules propres, hybrides ou électriques, que ce soit pour des voitures, des utilitaires ou des poids lourds.
3,4 milliards d'euros d'ici à 2023
Mais, comme la filière n’est qu’émergente en France, contrairement à des pays comme la Corée ou le Japon, voire la Chine, deux ans est un horizon très court. Et c’est un investissement global de 3,4 milliards d'euros qui est prévu pour le financement de cette stratégie d’ici 2023, et jusqu’à 7,2 milliards d'euros d’ici à 2030. 2 milliards d'euros sont inscrits dans le plan de relance. Ces crédits seront complétés par des apports du quatrième programme d’investissement d’avenir. Le détail du plan hydrogène français de 7,2 milliards, qui doit faire écho au très ambitieux plan hydrogène allemand de 9 milliards annoncé le 10 juin dernier, doit être présenté le 8 septembre par Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et de la Relance.



