Un projet de pipeline d’hydrogène vert dans la Vallée de la chimie (et au-delà)

La région Auvergne-Rhône-Alpes souhaite déployer un pipeline d’hydrogène vert dans la Vallée de la chimie. Le projet s’articule autour d’un électrolyseur de 20 MW à Pierre-Bénite (Rhône), qui servirait le site de Symbio, producteur de piles à combustible à Saint-Fons, à partir de 2025. Ce pipeline pourrait être la première brique d’un axe d’hydrogène reliant la plateforme industrielle de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) à la Moselle ou l’Alsace.

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Vallée de la Chimie, Lyon
A partir d'un électrolyseur construit à Pierre-Bénite (Rhône) à proximité directe du barrage hydroélectrique, la région Auvergne-Rhône-Alpes ambitionne de construire un pipeline d'hydrogène capable d'alimenter l'ensemble de la Vallée de la chimie, puis de créer des interconnexions avec la plateforme de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et avec la Moselle ou l'Alsace.

S’il se concrétise, ce pourrait être un axe majeur d’hydrogène en France. La région Auvergne-Rhône-Alpes a présenté le 17 octobre 2022 un ambitieux projet de pipeline d’hydrogène vert pour desservir la Vallée de la chimie, avec le potentiel de raccorder la plateforme de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, jusqu’à la Moselle ou l’Alsace, à travers la vallée du Rhône. Le projet, qui regroupe la région et des industriels comme le CNR, GRTgaz et Storengy, s’échelonnerait en plusieurs étapes et risque de nécessiter des investissements conséquents qui ne semblent pas encore sécurisés, et encore moins détaillés.

Le point central consiste en la construction  à Pierre-Bénite (Rhône) d’un électrolyseur de 20 MW, soit 8 tonnes d’hydrogène produites par jour, prévu pour démarrer en 2025. Cette phase est portée par le CNR, en charge de la production d’hydroélectricité dans la région. L’idée est d’installer cet électrolyseur à proximité directe du barrage hydroélectrique de Pierre-Bénite, juste au sud de Lyon. Le projet sera mené « en partenariat avec Engie avec l’objectif de décarboner la Vallée de la chimie », indique Laurence Borie-Bancel. La présidente du CNR précise que ce premier projet fait l’objet actuellement « d’une étude de faisabilité » mais parle d’une « mise en service dès 2025 ».

Une capacité portée à 100 MW pour l'électrolyseur

C’est de là que partirait le premier tronçon du pipeline. Laurence Borie-Bancel décrit « une canalisation de 8 à 10 centimètres de diamètre qui passerait sous le Rhône » pour alimenter quelques kilomètres plus loin, à Saint-Fons, la future usine de Symbio, producteur de piles à combustible. Mais la CNR voit beaucoup plus loin. Présenté comme un « projet modulaire », capable d’alimenter les besoins en hydrogène des industriels pour leur décarbonation, majoritairement, mais aussi de répondre aux besoins d’hydrogène pour la mobilité, l’ambition serait de porter les capacités de l’électrolyseur à « plus de 100 MW à horizon 2030 ».

Un réseau d'hydrogène vert reliant les Bouches-du-Rhône à la Moselle ou l'Alsace

Avec cette ampleur envisagée de production d’hydrogène, d’autres ambitions apparaissent. C’est là qu’intervient GRTgaz. Catherine Brun, secrétaire générale du transporteur de gaz, envisage de « développer » à partir de l’électrolyseur de Pierre-Bénite « un réseau d’hydrogène vert ouvert aux tiers » en « travaillant des interconnexions entre plusieurs bassins industriels ». Plus précisément, elle parle de relier la plateforme de raffinage-chimie de Fos-sur-Mer à la « Moselle ou l’Alsace ». L’idée serait de construire un pipeline d’hydrogène de le long de l’axe Rhin-Rhône, où GRTgaz dispose déjà d’un réseau gazier installé, relié aux infrastructures européennes. Storengy, filiale d’Engie, est associé au projet et commence à plancher sur l’installation de réservoirs de stockage d’hydrogène le long du parcours.

A ce stade, la concrétisation de l’ensemble paraît encore lointaine, surtout du côté des financements. Sur ce point, rien ne filtre pour le moment. Au CNR, Laurence Borie-Bancel souligne que « l’investissement » pour l’électrolyseur et le raccord jusqu’à Symbio « n’est pas public », ajoutant qu’une demande de financement a été déposée auprès de l’Ademe pour obtenir une aide équivalente « à 30% de l’investissement ». Du côté de la région Auvergne-Rhône-Alpes, aucune donnée financière n’est encore établie publiquement, et des contrats avec l’Etat seraient en négociations.

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