Pour les quatre ans du plan vélo, le gouvernement remet au pot. La Première ministre, Elisabeth Borne, a annoncé mardi 20 septembre depuis la cour de Matignon qu’un nouveau fonds de 250 millions d’euros allait être débloqué en 2023 pour assurer le développement de ce mode de déplacement en France. C’est elle qui, en tant que ministre des Transports, avait annoncé le premier plan vélo, d’un montant de 350 millions d’euros sur sept ans.
Une somme qui, selon le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a été dépensée « en seulement quatre ans ». La nouvelle enveloppe aura essentiellement pour vocation de poursuivre l’aménagement d'infrastructures cyclables et à assurer le soutien à l’acquisition de vélos à travers le pays. Dans une allocution, la Première ministre a ajouté que ce fonds aurait également vocation à « faire une filière française du vélo ». « Le ministre de l’Industrie va porter cette ambition […] à la fois de l’assemblage au recyclage, avec tout ce que l’on peut créer aussi comme emplois dans la réparation », a assuré Elisabeth Borne, sans fournir de détails supplémentaires. Pour « faire de la France » une « nation du vélo», elle indique qu’un comité interministériel sera lancé à l’automne. Dans ce cadre, des réunions seront prévues tous les six mois.
L’assemblage de vélos augmente en France
Poussée par le bond du marché, la production – plus précisément, l’assemblage – de vélos regagne peu à peu du terrain en France. A côté des grandes usines comme la Manufacture française du cycle (MFC) implantée à Marchecoul en Loire-Atlantique, les nouveaux entrants gonflent progressivement leurs capacités. A la mi-septembre, la start-up Eovolt a par exemple annoncé avoir levé 16 millions d’euros pour tripler ses capacités de production en France dans son usine de Genas dans le Rhône. L’entreprise compte aussi réaliser sur place le rayonnage des roues.
Les volumes de production de vélos en France restent toutefois très inférieurs à ceux d’autres pays européens, à l’image du Portugal qui a su, au fil des années, s’imposer comme le premier producteur de cycles dans l’Union européenne. Selon les données d’Eurostat, le pays a produit près de 2,9 millions de vélos musculaires (non-électriques) en 2021, devant la Roumanie (2,5 millions d’unités), l’Italie (1,9 million), l’Allemagne (1,4 million) et la Pologne (1,2 million) et la France, qui s’établit autour de 500 000 unités. L’Union Sport & cycle offre une estimation plus optimiste de 800 000 cycles produits en 2021, en intégrant les modèles à assistance électrique (VAE), contre 660 000 un an plus tôt. L’organisation estime que les volumes français pourraient atteindre les 976 000 unités en 2022, la moitié étant à assistance électrique. De quoi atteindre l'objectif fixé par le gouvernement, de porter la production française à un million de vélos par an.



