Un axe hydrogène sud nord-est se dessine en France

Les projets d’hydrogénoducs se multiplient en France et en Europe.

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La région Auvergne-Rhône-Alpes prévoit de construire un pipeline entre le barrage de Pierre-Bénite et le site de Symbio, à Saint-Fons.

Elles n’étaient pas vraiment prévues dans le plan hydrogène français de 2020 doté de 7 puis 9 milliards d’euros. Car son objectif était d’abord de développer une filière industrielle de production d’hydrogène décarboné pour l’industrie et les transports lourds au plus près des usages, grâce à l’électricité nucléaire. Mais des infrastructures, de transport notamment, seront bel et bien nécessaires. Les projets en ce sens se multiplient.

La région Auvergne-Rhône-Alpes souhaite par exemple déployer un pipeline pour l’hydrogène vert dans la Vallée de la chimie autour d’un électrolyseur de 20 mégawatts (MW) à Pierre-Bénite (Rhône), qui servirait le site de Symbio, producteur de piles à combustible à Saint-Fons, à partir de 2025. Ce pipeline pourrait être la première brique d’un axe d’hydrogène reliant la plateforme industrielle de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) à la Moselle ou l’Alsace. Ce dernier pourrait être alimenté aussi au sud, par le projet espagnol BarMar d’hydrogénoduc sous-marin reliant Barcelone à Marseille. Dévoilé le 20 octobre par le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, il remplace le projet de gazoduc Midcat (Midi Catalogne), boudé par la France. Baptisé Corridor d’énergie verte, il doit relier la péninsule ibérique à la France pour acheminer de l’hydrogène vert sur un axe Portugal-Allemagne. Il pourra être utilisé « de façon transitoire pour le gaz, dont le marché européen de l’énergie a besoin », a précisé le dirigeant espagnol.

Premier réseau entre la France et la Belgique

Au nord, les gestionnaires de réseau de gaz français GRTgaz et belge Fluxys veulent, quant à eux, développer le premier réseau de transport d’hydrogène transfrontalier en accès ouvert entre la France et la Belgique. Ils ont dévoilé en juin un projet de pipeline reliant sur 70 km le territoire de Valenciennes (Nord) et la zone de Mons étendue jusqu’à La Louvière et Feluy en Belgique. Un peu plus au sud, dès mai 2020, GRTgaz et son homologue allemand Creos, avaient dévoilé un projet de réseau franco-allemand MosaHyc (Moselle Sarre hydrogène conversion). Reliant les plateformes industrielles de Völklingen à Perl dans la Sarre, à celles de Bouzonville et Carling en Moselle, il doit aussi décarboner les routes du Luxembourg. Ces hydrogénoducs devant aussi permettre d’alimenter des stations d’avitaillement sur les grands axes routiers. Reste à trouver les financements. Malgré ses 2 milliards d’euros, le fonds H24(lire ci-dessous) ne devrait pas suffire. 

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3713 - Décembre 2022

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