TSMC s’associe à Sony pour créer une usine de puces au Japon

Le fondeur taiwanais de puces TSMC va créer son usine au Japon en partenariat avec Sony. L’investissement initial atteint 7 milliards de dollars et est fortement soutenu par le gouvernement japonais. L'usine devrait ouvrir en 2024.

 

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TSMC usine puces
Usine de puces sur plaquettes de 300 mm de TSMC.

Le projet d’usine de puces de TSMC au Japon se précise. Le fondeur taiwanais de semi-conducteurs a annoncé le 9 novembre 2021 avoir conclu un partenariat avec le groupe japonais d’électronique Sony en vue de la création de la coentreprise Japan Advanced Semiconductor Manufacturing (JASM). Détenue à environ 80 % par TSMC et 20 % par Sony, cette coentreprise se chargera de construire la nouvelle usine puis de fournir des services de fonderie de puces à des clients au Japon.

La future usine sera implantée sur le site principal de production de capteurs d’image Cmos de Sony à Kumamoto. Sa construction devrait débuter en 2022 pour une mise en service courant 2024. Elle aura une capacité de production mensuelle de 45 000 plaquettes de 300 mm de diamètre. Elle commencera son activité avec les technologies matures de 28 et 22 nanomètres, utilisées dans la fabrication de composants comme les capteurs d’image Cmos ou les microcontrôleurs. L’investissement initial atteint 7 milliards de dollars. Selon le communiqué commun de TSMC et Sony, le projet bénéficie du soutien important du gouvernement japonais.

Sony, premier client japonais

Il s’agit de la première usine de TSMC au Japon. Le projet a été voulu avec insistance par Tokyo pour sécuriser la chaine logistique de son industrie notamment automobile et relancer sa production de semi-conducteurs. Selon le cabinet VLSI Research, le Japon a vu sa part dans la production mondiale de puces tomber de son pic de 44 % en 1990 à 15 % en 2020, derrière la Corée du Sud (25 %) et Taiwan (24 %). Selon le journal en ligne japonais Nikkei Asia, le gouvernement devrait financer près de la moitié de l’investissement.

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Sony est le premier client japonais de TSMC. Il lui confie la fabrication d’une grande partie des circuits compagnons de ses capteurs d’image Cmos dont il est le leader mondial. Il est suivi par Renesas Electronics pour la fabrication de ses microcontrôleurs, notamment ceux dédiés à l’automobile. Mais, au total, les clients japonais ne représentent que 5 % du chiffre d’affaires du fondeur taiwanais de puces en 2020, loin derrière les clients américains (62 %) ou chinois (17 %).

Si TSMC a accédé à la demande du gouvernement japonais, c’est qu’il y trouve son intérêt. En dépit de sa terrible débâcle dans les semi-conducteurs, le Japon conserve l’un des deux écosystèmes les plus puissants au monde aux cotés de celui au Etats-Unis, avec des fournisseurs importants de substrats de silicium, d’équipements de production, de machines de test-contrôle ou encore de gaz de gravure. C’est pour bénéficier de cet écosystème qu’il a créé en 2019 à Kobe son centre de recherche 3DIC Research Center pour un investissement modeste d’environ 150 millions de dollars. La création d’une usine lui offre l’opportunité de resserrer ses liens avec ses fournisseurs japonais.

Projet en Allemagne à l'étude

L’usine de TSMC au Japon constitue le deuxième projet important d’expansion de sa production en dehors de Taiwan après l’usine avancée en Arizona, aux Etats-Unis, qui devrait débuter son activité en 2024 avec une technologie de 7 nanomètres. Le groupe étudie la possibilité d’ouvrir une usine en Allemagne, qui abrite une base importante d'utilisateurs de puces dans l’automobile en Europe. L’issue du projet dépend du montant des subsides publics qui seront proposées pour compenser les « surcoûts par rapport à une production à Taiwan ».

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