Rien ne semble freiner l’irrésistible ascension de TSMC. Ni la crise sanitaire du Covid-19, ni le durcissement de l’embargo américain contre son client Huawei. Le fondeur taïwanais de semi-conducteurs, qui fabrique les puces d’un grand nombre de sociétés « fabless », dont Apple, AMD, Nvidia, Qualcomm, Broadcom, Xilinx et HiSilicon, a surpris les marchés financiers en publiant pour le deuxième trimestre 2020 un chiffre d’affaires en augmentation annuelle de 34 % à 10,4 milliards de dollars et un bénéfice net record de 4 milliards de dollars, en bond de 81 % par rapport au deuxième trimestre 2019.
Boom de la 5G
Ces beaux résultats, le groupe taïwanais, qui compte plus de 51 000 personnes dans le monde, les attribue au boom de la 5G, du calcul intensif et de l’Internet des objets, alors que la demande est en baisse dans les smartphones, l'électronique grand public ou encore l'automobile. Ils l’amènent à réviser à la hausse ses prévisions pour l’ensemble de l’année 2020. Alors qu’il anticipait une progression de 5 à 9 %, il table désormais sur une croissance d’environ 20 %. De quoi porter son chiffre d’affaires aux alentours de 41 milliards de dollars.
Paradoxalement, TSMC bénéficie du durcissement en mai 2020 de l’embargo américain contre Huawei. Anticipant les nouvelles restrictions d’exportation imposées par Washington, le premier équipementier télécoms chinois, qui forme son deuxième plus gros client après Apple avec 14 % de son chiffre d’affaires en 2019 selon le cabinet IC Insights, a gonflé ses commandes pour augmenter ses stocks. Car à partir du 15 septembre 2020, TSMC ne pourra plus lui fournir ses services de fabrication de puces. Son directeur financier Wendell Huang a confirmé avoir arrêté les prises de commandes de Huawei le 14 mai 2020. Le groupe se targue d'avoir réussi à plus que combler cette perte par des commandes d'autres clients.

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L’autre moteur vient d’Apple. TSMC, qui vient de lancer la fabrication de la puce A14 Bionic du prochain iPhone 12 en technologie de 5 nanomètres, va produire également le nouveau processeur « maison » de la firme à la pomme qui remplacera celui d’Intel dans les futurs Mac. Le fondeur taïwanais est enfin porté par l’arrivée de nouveaux clients, dont NXP pour sa prochaine génération de puces automobiles en technologie de 5 nanomètres.
Samsung en course-poursuite de TSMC
Face à cette embellie, TSMC donne un coup de pouce de 1 milliard de dollars à ses investissements en 2020 en les portant à 17 milliards de dollars, dont 10,6 milliards de dollars déjà dépensés au premier semestre 2020. L’essentiel de l’effort va à l’augmentation des capacités de production de puces en technologie de 5 nanomètres qui devrait représenter 8 % du chiffre d'affaires en 2020.
Ces résultats ont de quoi faire pâlir d’envie le coréen Samsung Foundry, engagé depuis 2017 dans une folle course-poursuite de TSMC avec l’ambition de le détrôner en 2030 dans les services de fonderie de semi-conducteurs. Selon le cabinet TrendForce, il n’est encore qu’un petit numéro deux du marché avec une part de 18,8 % au deuxième trimestre 2020, loin, très loin derrière le groupe taïwanais qui s’accapare la part de 51,5 %. Et encore, plus de la moitié de son activité provient d’un marché captif, celui de Samsung LSI. Les bons résultats de TSMC en 2020 risquent de creuser encore plus l’écart.



