“La réduction de la production de plastique au niveau mondial doit concentrer tous les efforts. Si un compromis doit être fait, il ne faut rien lâcher sur ce levier, notamment car réduction des volumes signifie automatiquement réduction des substances toxiques. Il est primordial que ce terme apparaisse dans le traité, comme les moyens pour y parvenir”. Par la voix d’Henri Bourgeois Costa, la Fondation Tara Océan, dont il est responsable des Affaires publiques, affiche ses convictions et ses positions
à quelques semaines de la reprise des pourparlers autour d’un traité international de lutte contre la pollution plastique à Genève. Ultime Comité intergouvernemental de négociation (INC -5.2) qui se tient du 5 au 14 août 2025, après l’échec de l’INC-5 qui s’est déroulé en décembre 2024 à Busan en Corée du Sud.
Appel de Nice
L’homme, qui veille toujours à se dire “optimiste par nature”, souligne les avancées entrevues à Nice en juin à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan. “Dans l’Appel de Nice signé par une centaine de pays, les termes “réduction” et “toxicité” apparaissent clairement. Le discours des Etat s’est ainsi clarifié depuis Busan. Et l’attitude d'obstruction des “Like-minded” (principalement des pays producteurs de plastiques comme l'Arabie saoudite, la Russie, l'Iran ou l'Inde, NDLR) est désormais explicitement dénoncée par les pays les plus engagés pour un traité ambitieux”, se félicite-t-il.
La chine, pays clé
Deux “visions irréconciliables” persistent cependant : les “Like-minded”, donc, qui refusent toute réduction de la production et les “Willings”, dont le nombre grossit et qui, conformément au mandat de départ du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue), souhaite aboutir à un texte contraignant et couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques. À la Fondation Tara Océan, on estime ainsi nécessaire de “faire le deuil du consensus” et que le texte “aille au vote”, déplorant la volonté du Pnue de chercher ce consensus à tout prix, ce qui ne ferait que tirer l’ambition du traité “vers le bas”.
Si, avec l’élection de Donald Trump, la position des États-Unis a basculé, c’est davantage du côté de la Chine que peut se jouer la réussite ou non des négociations. “Les américains signent peu de traités internationaux et produisent principalement pour leur marché intérieur. La Chine s’avère être en revanche un pays clé, par sa position économique et sa vision d’une civilisation écologique. Il existe un véritable enjeu pour les négociateurs à se rapprocher de ses positions”, décrypte Henri Bourgeois Costa. Et d’ajouter : “Au cours des pourparlers, les négociateurs chinois ont mandat d’être contre la réduction, mais dans ces prises de parole, le président Xí Jìnpíng, souligne la nécessité d’une baisse de la production mondiale... Les études scientifiques du pays sont en outre en accord avec les conclusions des publications occidentales sur l’impact des plastiques sur la santé et l’environnement...”
Se disant “bien en peine” de prédire l’issue des négociations, le responsable des Affaires publiques de la Fondation Tara Océan, note cependant le “basculement possible du Brésil” et une prise de conscience rapide, notamment autour des enjeux sanitaires.
“Nous pouvons aujourd’hui affirmer une présence non négligeable de délégations ministérielles en fin de session, contrairement à Busan. La ministre française de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, devrait se rendre sur place selon nos informations”, ajoute Henri Bourgeois Costa.



