C'est dans une petite salle qui ne préfigure pas de la portée futuriste des projets que l'Institut de recherches technologiques (IRT) Railenium a présenté hier, mardi 28 juin, des démonstrations de ses innovations lors de l’inauguration de son showroom. Depuis une dizaine d'années, cet institut de recherche technologique des Hauts-de-France, spécialisé dans le ferroviaire, mobilise des partenariats entre industriels et académiques pour imaginer des infrastructures et des trains plus performants et moins énergivores. Présent lors de cet événement, Industrie & Technologies a sélectionné quatre projets particulièrement prometteurs.
Des trains plus légers pour les petites lignes
Parmi les projets phares menés par Railenium, celui du train léger autonome retient l'attention. Il mobilise plusieurs industriels : Thales, Texelis, CAF, Wabtec-Faiveley Transport, Railenium, Ferrocampus, Alstom, Capgemini, Cerema et Ektacom. Comportant une soixantaine de places assises, il est plus léger que ses prédécesseurs (10 tonnes contre 17 tonnes pour un TER actuel). Ainsi, il consomme moins d'énergie et facilite l'exploitation et la maintenance des lignes. Une réduction des coûts estimée à 30%. La SNCF, partenaire du projet, prévoit une commercialisation courant 2029.
Toujours dans la thématique des trains légers, le projet Flexy imagine une navette capable de rouler aussi bien sur des rails que sur une route. Prévue pour les petites lignes ferroviaires fermées d'une longueur de 10 à 30 km, elle dispose de roues permettant de passer d'une surface à l'autre sans encombre grâce à un système de double jante ou de roue double fonction. D'une capacité de 9 personnes, son expérimentation sur ligne est prévue en 2024. Actuellement, l'IRT cherche un marché ayant besoin de ce type de desserte. Cette navette rail-route pourra aller chercher des voyageurs qui habitent loin des gares.
Un centre d'essais numériques
Le centre d'essais numériques (CEN) repose sur des modélisations numériques. Il a pour vocation de faire évoluer le réseau ferroviaire vers la simulation et ainsi diminuer les essais physiques au juste nécessaire. « Ce laboratoire permet de réduire la durée de développement et donc de comprimer les coûts, explique Anthony Duval, responsable du programme. Nous réalisons des prestations numériques pour le marché français et européen. » Parmi les clients, des constructeurs, des laboratoires de recherches et de développement, des opérateurs, etc. Le CEN ne s'en cache pas, il a pour vocation de devenir un centre certificateur.
Des capteurs pour analyser l'état des infrastructures
Le projet In2track3 permet une maintenance prédictive des rails et des aiguillages. Des capteurs sans contact EMAT, positionnés sur un chariot, envoient des ondes pour détecter les éventuels défauts et les localiser. Son passage en industrialisation est prévu en 2023. « On a développé une méthodologie de calculs qui permet de prédire les comportements des superstructures, c'est-à-dire, les sols qui se trouvent sous les rails et les aiguillages, pointeVincent Chartie, chef du projet. La modélisation du comportement du ballast permet de prévoir et programmer des interventions de maintenance en amont. »
Dans ce projet, un volet est également consacré aux matériaux. « Nous réalisons des analysons micro et nano structurales pour comprendre comment se créent les défauts sur les rails, poursuit-il. Parallèlement, nous avons mis au point un process de réparation innovant des rails. Plutôt que de fondre de la matière, on la projette à froid, elle va alors adhérer au rail. Nous avons montré qu'elle aura une meilleure tenue dans le temps. »
TC-Rail pour la conduite de train à distance
Ce projet vise à démontrer la faisabilité d'une conduite à distance d'un train, sans conducteur dans la cabine du train. Le simulateur a des allures de jeu vidéo. Ce pupitre permet de venir en renfort d'un train autonome qui, par exemple, ne fonctionne plus. Il permet de conduire des trains à distance grâce à une liaison 5G. Des briques d'intelligence artificielle peuvent être intégrées pour aider à la prise de décision. Un tel outil permet d'optimiser les phases de secours ou certaines tâches comme la remonte de trains de la gare au garage.



