I&T : Comment est né votre processus de rénovation de filtres à particules basé sur l’utilisation de votre machine « unique au monde » ?
Stéphane Covasso : Jusqu’à la mise en production de cette machine, le processus qualifié par les études du groupe Volvo nous permettait de rénover les filtres à particules une seule fois. De manière simpliste, le processus était alors basé sur des mesures de pression. Sauf que, sur la durée de vie entière d’un camion, le filtre à particules peut-être remplacé jusqu’à 5 fois. Donc il était quand même fort dommageable, qui plus est lorsque l’on sait qu’un filtre est composé de métaux précieux comme le platine ou le palladium, de ne pouvoir rénover les filtres qu’une seule fois.
Nous avons travaillé en interne à développer un processus permettant plusieurs rénovations des filtres. Cette machine représente un investissement de 1,4 million d’euros. Elle a été conçue en interne par Volvo et deux partenaires français : Caire et 2M Process. La phase d’industrialisation a été relativement longue : ce n’est pas du plug-and-play. Après la conception de la machine, il a fallu procéder à un certain nombre de réglages à la suite de son installation. Le projet a officiellement été lancé en 2018, la machine a été installée en 2022 et elle est devenue opérationnelle en production en 2023. Et depuis peu, elle est entrée en pleine production. Nous traitons jusqu’à 96 filtres par jour.
Sur quelle technologie repose cette nouvelle machine ?
Concrètement, elle nous permet de mesurer l’efficacité catalytique des filtres à particules, et ce de manière très précise. Dans cette machine, on injecte du monoxyde de carbone (CO), et nous vérifions la bonne transformation de ce CO en dioxyde de carbone (CO2). C’est le principe même des filtres à particules : transformer les gaz d’échappements comme le CO en CO2. Par des tests en température, nous sommes capables de mesurer l’efficacité de cette transformation. Nous avions d’abord estimé qu’il serait possible de rénover une deuxième fois les filtres grâce à la machine, et ainsi leur offrir une troisième vie. Mais les rendements que nous obtenons sont vraiment bons et aujourd’hui, on envisage même une quatrième vie !
Maintenant que votre machine est arrivée à pleine production, quelles sont vos perspectives ?
Les premières idées que l’on a se portent vers la montée en cadence. Puisque l’on a commencé à remettre des filtres à particules sur le marché pour une troisième vie – et bientôt peut-être pour une quatrième – il y aura bientôt plus de filtres à traiter. Nous aurons donc besoin de monter en capacité. Et ça, nous l’avions prévu dès la conception de la machine : elle a été conçue pour pouvoir doubler sa capacité au besoin. La machine est composée de chambres dans lesquels sont effectués les tests, et on peut doubler leur nombre. Le projet est donc de doubler la capacité de la machine, d’ici à 2029.



