Malgré de bons résultats financiers sur le premier semestre de l'exercice 2019/2020, avec un chiffre d'affaires à 5,474 milliards d'euros en hausse de 2,7% , Pernod Ricard est inquiet. En cause ? L'épidémie de Covid-19 (coronavirus) qui touche la Chine, le deuxième marché du groupe de spiritueux.
Impact sur le troisième trimestre
Le groupe, qui y réalise actuellement plus de 10% de son business, anticipe déjà un fort repli de ses ventes pour le troisième trimestre (janvier à mars 2020). "Après une très bonne fin d'année, tirée par les ventes de Cognac en prévision du Nouvel An Chinois, nous nous attendons évidemment à ce que le Covid-19 ait un impact sévère sur le troisième trimestre" explique Alexandre Ricard, le PDG du groupe.
Les marques de Pernod Ricard, au premier rang desquelles le cognac Martell dont les ventes ont augmenté de 11% sur les trois derniers mois, sont en effet fortement touchées par la fermeture des bars et des boites de nuit dans la deuxième puissance économique du monde. Le programme de reconstitution des stocks, après le nouvel an chinois, est également incertain.

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
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Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Outre la baisse des consommateurs chinois, Pernod Ricard craint également la baisse du nombre de voyageurs ce qui aurait pour effet de réduire la croissance de sa branche "travel retail". "Nous tablons sur une baisse du nombre de passagers chinois de près de deux tiers en février et mars" commente Alexandre Ricard.
Prévisions de croissance revues à la baisse
Face à ces éléments, le groupe a revu, à la baisse, ses prévisions de croissance pour l'année 2020. Alors qu'il tablait sur une augmentation de ses ventes comprises entre 5 et 7%, le numéro 2 des spiritueux vise aujourd'hui une croissance entre 2 et 4%.
Dans les scénarios élaborés, Pernod Ricard mise sur un retour à la normale progressif à partir du mois de mars. "Nous n'avons, à l'heure actuelle, aucune certitude, mais compte tenu de la fin de l'hiver, favorable aux grippes, nous avons élaboré un scénario de reprise à partir du mois de mars", confirme Alexandre Ricard.
Pas de changement de stratégie en Chine
Convaincu que la crise n'est que conjoncturelle, le groupe a d'ailleurs indiqué de ne pas changer ses plans d'investissement"Notre stratégie reste la même, seuls les investissements de marketing sont réorientés vers d'autres marchés" ajoute le PDG. En août 2019, Alexandre Ricard annonçait un investissement de 150 millions d'euros pour l'installation d'une nouvelle distillerie à Emeishan, dans le Sichuan, dont l'inauguration est prévue en 2021.



