Airbus n’est pas immunisé contre le Covid-19. Loin de là. Le champion industriel européen est touché de plein fouet par les effets de la pandémie mondiale. L’avionneur a annoncé des baisses inédites de ses cadences de production qui seront effectives dans les prochaines semaines. "Cela représente une réduction d’environ un tiers de notre production comparée à celle antérieure à la crise coronavirus", a précisé Guillaume Faury, le président exécutif du groupe Airbus qui s’exprimait à l’occasion d’une conférence téléphonique avec la presse mercredi 8 avril 2020.
Son avion phare, l’A320, ne sera plus produit qu’à 40 unités par mois contre 60 par mois actuellement. Les long-courriers sont touchés encore plus fortement proportionnellement parlant. L’A350 sortira seulement à cadence de six appareils contre environ 10 par mois actuellement. L’A330 ne sera plus produit qu’à deux exemplaires par mois, soit 24 par an contre contre 40 jusqu’ici.
"Nous avons beaucoup de demandes pour des reports"
Le groupe a tiré les conséquences de la crise qui frappent les compagnies aériennes depuis plusieurs semaines déjà. "Nous n’avons pas devant nous d’annulations à court terme mais nous avons beaucoup de demandes de la part des compagnies aériennes pour des reports et des décalages en 2020 et parfois en 2021. Nous avons décidé ainsi de ne pas produire ces avions qui ne seront pas livrés en 2020. C’est pour cela que nous baissons nos cadences de production", a justifié le dirigeant.

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Les grands clients d’Airbus ont quasiment cloué au sol toutes leurs flottes d’appareils destinés au transport de passagers, gardant quelques appareils pour assurer le rapatriement de compatriotes. Certaines compagnies sont tentés d’annuler des commandes. Le loueur d'avions irlandais Avolon a déjà renoncé à quatre avions A330neo.
Sur le premier trimestre de l’année 2020, le groupe s’est félicité d’avoir livré 122 appareils. Toutefois, il a reconnu que 60 appareils supplémentaires sont sortis des lignes mais n’ont pu être livrés du fait de la pandémie. La chute des livraisons a été brutale. Si le groupe a livré 55 appareils en février, le chiffre est tombé à 36 appareils en mars.
Les quatre sites d'assemblage sont préservés
Le groupe doit donc se réorganiser sur le plan industriel, notamment pour l’assemblage de son avion vedette, l’A320. Pour l’instant, il compte toujours s’appuyer sur l’ensemble de ses sites industriels à travers le monde, à Toulouse (Haute-Garonne) et à Hambourg en Allemagne, à Mobile aux États-Unis et à Tianjin en Chine.
“Nous ne fermerons ni ne stopperons aucun des sites. Nous continuerons à nous appuyer sur les quatre sites de production", a tenu à rappeler Guillaume Faury. Le 6 avril, l'avionneur européen a néanmoins annoncé l'arrêt temporaire de la production dans trois usines situées à Brême (Allemagne), Mobile (États-Unis) et Stade (Allemagne) à cause du Covid-19, même si ces sites ne sont pas complètement fermés.
Forte inquiétude pour les fournisseurs
Le groupe n’a pas caché son inquiétude quant à la capacité de la chaîne de fournisseurs aéronautiques à encaisser le coup. "Les compagnies aériennes sont durement touchées. Nous sommes durement touchés. Les prochains à l’être seront les fournisseurs […]. Pour être honnête, ce sera très difficile", a avoué Guillaume Faury.
Le dirigeant veut s’inspirer de son expérience dans l’industrie automobile, victime d’une grave crise il y a 10 ans, pour tenter d’amortir le choc autant que possible. "C’est très important que nous soyons capables d’identifier les situations les plus critiques afin de répondre avec les bonnes mesures à temps et pas quand il sera trop tard. […] Airbus veut et tiendra son rôle. Je ne sous-estime ni la difficulté ni la complexité dans lesquelles se trouvent ces sociétés", a-t-il expliqué.
Conséquence de la crise, Guillaume Faury s’attend à un vaste mouvement de consolidation du secteur des fournisseurs aéronautiques.
Clairement, le secteur ne sortira pas indemne de la crise actuelle. “Cette crise nous rend humbles. Le secteur est durement touché. L’aviation sortira différente après la crise du Covid-19", a enfin souligné le dirigeant.



