À compter du mois de juillet 2024, les distributeurs sont tenus d’indiquer dans leurs rayons les produits faisant l’objet d’une pratique de « shrinkflation ». Pour mémoire, la « réduflation » consiste à réduire légèrement la quantité nominale d’un produit emballé sans modifier le prix facial à la baisse. La définition officielle est la suivante : ces deux termes « désignent les pratiques commerciales ayant pour effet, de différentes manières, de masquer la diminution de quantité (poids ou volume) de certains produits, alors qu’en parallèle leurs prix sont maintenus, voire augmentés. »
Légale, cette traduction concrète de la déréglementation des formats, instaurée par l’Union européenne en 2007, est néanmoins dénoncée comme une « arnaque » par des associations comme Foodwatch qui y voit un moyen détourné d’augmenter le prix sans le dire. Les consommateurs doivent se référer à l’affichage du prix au litre ou au kilogramme pour détecter une hausse sans moyen de vérifier l’évolution. Olivia Grégoire avait entendu le message en imposant l’affichage en rayon des produits « shrinkflatés ». Au mois de mai 2024, la ministre déléguée en charge des Entreprises, du Tourisme et de la Consommation avait indiqué prendre un décret en ce sens au début du mois de mai.
Risque potentiel
Le bilan semble pour le moment bien maigre, les affichettes étant plutôt rares dans les grandes surfaces au début du mois de juillet 2024. Trois explications prévalent à date : ayant intégré un risque potentiel, les entreprises auraient renoncé à cet artifice « déloyal » à la grande satisfaction de Foodwatch ; la pratique étant marginale, le nombre d’affichettes est logiquement faible ; le phénomène étant particulièrement difficile à appréhender, seuls quelques produits ont été détectés pour le moment, un délai de deux mois étant accordé pour l’application du texte. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) renvoie à l’arrêté ministériel du 16 avril 2024 et a mis en ligne une foire aux questions (FàQ) pour accompagner les entreprises dans leurs démarches. Une rubrique spécifique est proposée aux consommateurs sur le site SignalConso. À suivre donc.



