C’est un moment clé dans la fabrication d’un nouveau lanceur : la mise à feu de ses moteurs. Latitude (ex-Venture Orbital Systems), l’une des principales sociétés françaises à fabriquer un microlanceur, a réalisé avec succès le premier test de son moteur-fusée, début janvier.
«Un jalon technique extrêmement important, selon Stanislas Maximin, son PDG et cofondateur. Le moteur est la pièce qui va subir le plus d’effort et qui assure l’essentiel de la performance du lanceur.» La société, positionnée sur le lancement des charges de 100 à 150 kg en orbite basse (entre 500 et 700 km d’altitude) a ainsi accompli un pas important vers le premier vol de sa fusée Zephyr, prévu en 2024.
Deux ans de R&D
Les tests ont eu lieu dans le complexe de SaxaVord, dans les îles Shetland, au nord de l’Écosse. Trois allumages moteur ont pu être enchaînés à quelques heures d’intervalle, avec des durées de poussée de plus en plus longues : cinq, dix et enfin trente-cinq secondes à la pleine capacité du banc.
La réussite de ces tests confirme le pari de produire un moteur de fusée en impression 3D, qui a nécessité deux ans de conception et de développement aux équipes de Latitude. «Grâce à l’impression 3D, on s’affranchit de la complexité d’un moteur classique, constitué de dizaines, voire de centaines de pièces assemblées et soudées», explique le dirigeant.
Baptisé Navier, le moteur de Latitude tient, lui, en trois pièces principales : l’injecteur, la chambre de combustion et le col du moteur associé à la tuyère qui accélère le flux. Des nouveaux tests sont prévus cette année : en avril, une version du moteur équipé de ses vannes et de ses turbopompes, puis en fin d’année, la version de vol.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3715 - Mars 2023



