Tereos, le numéro 1 français du sucre, au seuil d'une nouvelle guerre interne

A la veille du conseil de surveillance de Tereos, qui doit se tenir le 11 décembre prochain, les principaux syndicats de la coopérative sucrière appellent à la grève. Ils craignent que l'élection d'un frondeur à la tête de l'instance n'entraîne un démantèlement du numéro 1 français du sucre. 

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Le conseil de surveillance de Tereos doit se tenir ce 11 décembre 2020

On pensait la coopérative sucrière Tereos sortie de la tourmente après la condamnation, le 26 novembre dernier, pour calomnie de huit coopérateurs qui avaient porté plainte contre le groupe nordiste pour terrorisme. Mais le répit n'aura été que de courte durée pour le numéro 1 français du sucre aux 2,05 milliards d'euros de chiffres d'affaires.

L'élection du président du conseil de surveillance au coeur des tensions

Quelques jours après la décision du tribunal, Gérard Clay, l'un des "frondeurs" condamnés, se faisait élire lors de l'assemblée générale du groupe qui réunit 12 000 betteraviers.

Les frondeurs sont désormais au nombre de trois parmi les 25 membres du conseil du surveillance de la coopérative. Un poids qui leur permet d'envisager une victoire lors de l'élection du président du conseil de surveillance qui se tient ce vendredi 11 décembre.

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La direction soutenue par les syndicats

Ces tensions internes font craindre un renversement de la direction de la coopérative. Le conseil du surveillance a, en effet, pour mission de nommer le directoire, l'organe en charge de la gestion de l'entreprise à la tête duquel siège Alexis Duval.

Ce dernier a d'ailleurs reçu le soutien des syndicats contre les "frondeurs". "Certains des élus sont dangereux pour l'avenir de l'entreprise, pour l'avenir de l'usine, pour l'avenir des emplois", explique le délégué syndical CGT Lionel Cavennes.

Même si le résultat du vote est encore très incertain, la stratégie portée par les frondeurs inquiète les représentants des 2200 salariés de l'entreprise. 

Vues divergentes sur la stratégie

A la différence de l'internationalisation et la diversification portées par Alexis Duval et qui a permis au groupe de retrouver des résultats proches du niveau d'avant la suppression des quotas européens, les frondeurs demandent un recentrage sur les activités sucrières du groupe en Europe. "Ces administrateurs élus affichent clairement leur intention que le groupe Tereos se sépare de certaines de ses filiales et de certains sites de production jugés insuffisamment rentables", avance Thierry Baillieu, délégué syndical central de CFDT chez Tereos Sucre France. "Si de telles décisions devaient aboutir, elles seraient absolument scandaleuses".

Dans une pétition en ligne lancée par l'intersyndicale, la fusion avec le numéro 2 français du sucre Cristal Union est également évoquée avec à la clef des suppressions de postes "et toute la casse sociale qui viendra avec". L'information est toutefois démentie par les frondeurs.

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