Syensqo envisage de supprimer 122 postes en France

Depuis la scission de Solvay, en décembre 2023, Syensqo – entité de chimie de spécialité qui en a résulté – a mené une revue complète de sa structure et de ses projets d'investissement. Alors que le contexte économique reste incertain, en découle aujourd'hui la proposition de supprimer 300 à 350 emplois en Europe et aux États-Unis, dont 122 en France.

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Syensqo
Les réductions d’emplois, soumises au processus de consultation sociale, comprennent 122 emplois en France, 36 en Belgique, 33 en Italie et 112 aux États-Unis.

« Dans un contexte d'incertitude macroéconomique persistante, nous devons prendre les mesures nécessaires pour adapter notre organisation afin de soutenir notre croissance à long terme », a déclaré Ilham Kadri, la p-dg de Syensqo, lors de l’annonce des résultats du 3e trimestre 2024.

Concrètement, le chimiste de spécialité belge, né de la scission de l’ancien Solvay en décembre 2023, a l’intention de supprimer 300 à 350 emplois en Europe et aux États-Unis. Une proposition qui résulte d’une revue complète de sa structure interne et de ses projets d’investissements.

« Les réductions d’emplois, soumises au processus de consultation sociale, comprennent 122 emplois en France, 36 en Belgique, 33 en Italie et 112 aux États-Unis », nous a informés le groupe, qui assure que « toutes les solutions possibles seront envisagées pour limiter au maximum les pertes d’emploi ». Pour justifier sa décision, Syensqo met en avant des « conditions économiques difficiles : une demande très faible de [ses] principaux marchés et une concurrence accrue. »

Pas de fermetures, mais des réorganisations

Avec ces mesures dites « d’efficacité », l’objectif est de réduire les délais de commercialisation et de se rapprocher des clients. En France, le groupe opère six sites de production (Tavaux, Saint-Fons, Méréville, Melle, Clamecy et La Rochelle) et trois centres de R&I (Pessac, Saint-Fons et Aubervilliers). Ce qui représente plus de 2 000 collaborateurs, dont 500 chercheurs. Pour l’heure, Syensqo a simplement précisé que ces suppressions, touchant au moins 6 % des effectifs français, ne seront pas le fruit de fermetures de sites ou de lignes de production. Répartis entre différentes activités et fonctions, les licenciements résulteront de transferts de responsabilités industrielles entre business units et d’une adaptation de l’activité Specialty Polymers.

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Au niveau mondial, la société mise sur le développement d’une infrastructure numérique « de premier plan, pour accroître l’efficacité et l’agilité de ses opérations », alors qu’elle prévoit de se séparer des systèmes informatiques de Solvay, d’ici à la fin 2025. Ce qui, en parallèle des licenciements, devrait lui permettre de créer 700 emplois dans l’informatique, les infrastructures des systèmes et l'intelligence économique. « Il est trop tôt pour dire où, exactement, seront créés ces postes », précise Ilham Kadri.

Hausse des volumes au 3e trimestre

Dans un contexte très incertain, impactant la demande, les ventes ont le mérite d’être restées stables (+ 0,2 %), par rapport à l’an dernier, atteignant 1,63 Mrd € sur le 3e trimestre 2024. « Nous avons renoué avec la croissance de nos volumes (+ 5 %) », s’est réjoui la p-dg. Syensqo dit avoir été porté principalement par les ventes de ses segments Composite Materials (+ 13 %) et Novecare (+ 8,4 %).

En revanche, l’Ebitda a perdu 10,5 %, s’affichant à 374 M€. « Bien que partiellement compensée par la hausse des volumes, cette diminution s’explique par des coûts fixes plus élevés et la baisse des prix nets. L’Ebitda a aussi été négativement impacté, à hauteur de 10 M€, par des dissynergies liées à la scission en cours d’avec Solvay », a rapporté le groupe.

Pour autant, les ventes des neuf derniers mois ont baissé de 5,6 %, par rapport à 2023. De même pour l’Ebitda, qui a perdu 15,8 %. Pour la fin d’année, Syensqo confirme un Ebitda compris entre 1,4 Mrd € et 1,44 Mrd €, une prévision prenant en compte l’impact de l’arrêt de certaines chaînes d’approvisionnement, découlant de la grève chez Boeing, qui vient tout juste de prendre fin, après sept semaines de mouvement social.

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