STMicroelectronics va pouvoir reprendre ses relations commerciales avec Huawei. Le fabricant franco-italien de puces électroniques a obtenu du département américain du Commerce une licence à cet effet. C’est ce que Jean-Marc Chéry, le président du directoire et directeur général du groupe, a révélé aux analystes et médias lors de la quatrième et dernière séquence de l’évènement dédié aux investisseurs, le 9 décembre.
Dénouement satisfaisant à moitié
Pour se conformer aux nouvelles restrictions de l’embargo américain contre Huawei, STMicroelectronics a été contraint de suspendre, le 15 septembre, toutes ses activités avec le grand équipementier télécoms chinois. " Après 30 trimestres consécutifs de croissance, nos fournitures à Huawei se sont arrêtées net à la mi-septembre 2020, confie Jean-Marc Chéry. Nous n’avions d’autre choix que de nous conformer pleinement aux nouvelles restrictions d’exportation américaines. Au quatrième trimestre 2020, notre chiffre d’affaires en provenance de ce client tombera à zéro.
L’obtention de la licence du département américain du commerce sonne comme une bonne nouvelle. Mais pour Jean-Marc Chéry, le dénouement n’est satisfaisant qu’à moitié. " Nous avons obtenu la licence uniquement pour les composants standards comme les composants discrets, les composants électroniques de puissance ou les microcontrôleurs, précise-t-il à L’Usine Nouvelle. Mais pas pour les composants personnalisés que nous développons depuis quelques années pour Huawei notamment dans le domaine radiofréquence et les technologies de silicium sur isolant tant pour les terminaux que pour les équipements de réseaux 5G. Ces composants représentent près de la moitié de notre activité avec ce client. "

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Troisième plus gros client
STMicroelectronics devra faire une croix sur la moitié de son revenu en provenance de Huawei. Un coup dur dans le contexte d’incertitudes actuel créé par la pandémie du Covid-19 et les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Le groupe ne dévoile pas le poids de Huawei dans son chiffre d’affaires, se contentant d’inclure le grand équipementier télécoms chinois parmi ses dix plus gros clients aux côtés d’Apple, Bosch, Ciena, Continental, HP, Intel-Mobileye, Samsung, Seagate et Tesla. Selon l’estimation de L’Usine Nouvelle, Huawei formerait son troisième plus gros client derrière Apple et Samsung, avec environ 6 % de son chiffre d’affaires. Soit un revenu d’environ 600 millions de dollars en 2020 hors impact de l’embargo américain.
Selon les analystes de marché, la perte du marché de Huawei devrait rester temporaire pour les fournisseurs de semi-conducteurs et être compensée sur le moyen terme par ses grands concurrents : Nokia, Ericsson, Samsung et ZTE dans les équipements de réseaux, Xiaomi, Oppo, Vivo et Realme dans les smartphones. STMicroelectronics fournit tous ces constructeurs. Mais c’est avec Huawei qu’il a construit le partenariat le plus important et le plus profond. Selon Gartner, le grand équipementier télécoms chinois s’impose comme le troisième plus gros consommateur mondial de puces électroniques, derrière Apple et Samsung, avec une valeur de sa consommation annuelle d’environ 21 milliards de dollars, procurée en grande partie auprès de fournisseurs extérieurs.
Scission de Honor, une opportunité ?
L'espoir réside maintenant dans la scission de la marque de smartphones Honor de Huawei, qui a représenté 30 % des livraisons de smartphones du groupe en 2019. Le projet vise à sortir cette marque de l'embargo américain puisqu'elle est censée devenir une société indépendante sans aucun lien avec Huawei. Pas sûr que les autorités américaines l'entendent ainsi. D'ailleurs, Jean-Marc Chéry reste prudent sur la possibilité de nouer rapidement des relations commerciales libres avec la future société Honor.



