236 900 Citroën C3 et DS 3 doivent arrêter de rouler. Les marques du groupe Stellantis avaient déjà invité en janvier les propriétaires de ces voitures à changer leur airbag défaillant produit par Takata. Lundi 17 février, le constructeur demande désormais leur immobilisation – un «stop drive» – tant que le véhicule n’est pas repassé par le garage. Neuf usines en France sont mobilisées pour effectuer les réparations : les sites de Rennes (Ille-et-Vilaine), Poissy (Yvelines), Sochaux (Doubs), Mulhouse (Haut-Rhin), Metz-Tremery (Moselle), Charleville-Mezières (Ardennes), Hordain, Valenciennes (Nord) et Douvrin (Pas-de-Calais), a précisé un porte-parole du groupe.
Neuf usines mobilisées en France
Cette campagne concerne des véhicules vendus entre 2009 et 2013 de la moitié nord de la France. Stellantis prévoit que tous les véhicules rappelés pourront être réparés en deux mois, car les airbags de remplacement sont disponibles. Ces derniers sont fournis par Joyson Safety, l’équipementier issu de la fusion de Takata et KSS en 2018. «Dans chacun des neuf sites industriels, une dizaine de personnes sont mobilisées, a ajouté le porte-parole. Ils sont capables de changer 50 airbags par jour, une tâche simple réalisée en environ 30 minutes.»
Les campagnes de rappel des constructeurs se multiplient, mais Stellantis est parmi les plus affectés par cette défaillance. Cette nouvelle campagne est la deuxième qui demande l’immobilisation complète des véhicules. Elle a été décidée après qu’un prélèvement sur un airbag en Loire-Atlantique indique une détérioration plus avancée qu’escompté. «Nous appliquons le cas du principe de précaution, nous avons décidé de bloquer aux garages tous nos véhicules», souligne le porte-parole.
Les remplacements "quasi terminés" dans le sud de la France
Le premier «stop drive» a été lancé en mai 2024 dans le sud de l'Europe et au Maghreb, et Stellantis considère que «l'opération est quasi terminée dans le sud de la France, avec 228 000 voitures réparées.» Les véhicules restants, vendus entre 2014 et 2019 dans le nord de la France et d'autres pays d'Europe, doivent toujours être rappelés prochainement, mais sans immobilisation.
Depuis début 2014, les constructeurs automobiles rappellent leurs véhicules équipés d'airbags produits par l'équipementier automobile japonais Takata, car ils sont susceptibles d’exploser dans l’habitacle du véhicule en projetant des morceaux métalliques. En cause, le nitrate d’ammonium utilisé pour assurer le gonflage des «coussins de protection» des airbags Takata. Cet agent chimique - bon marché, que l'on retrouve dans la composition d'engrais et d'explosifs - devient particulièrement instable une fois exposé longuement à la chaleur et à l’humidité. En France, ils sont responsables d’au moins onze morts, dont dix dans les départements d’outre-mer, où les conditions climatiques peuvent les dégrader plus rapidement.



