C’est une nouvelle preuve du dynamisme du spatial français dans le domaine des micro-lanceurs. Les jeunes pousses HyPrSpace et Sirius Space Services ont remporté le 3 juin l’appel à projets « micro-lanceurs » organisé par le gouvernement dans le cadre du plan France 2030. Cette initiative, lancée en décembre 2021 par le ministre de l’économie Bruno Lemaire, visait à sélectionner des technologies prometteuses, associant innovation et potentiel économique. Les deux start-ups se sont distinguées parmi une douzaine de candidatures qui ont été passées au crible par un jury composé du CNES, de Bpifrance et la direction générale des entreprises (DGE).
Deux technologies en phase d’amorçage
L’appel à projets prévoit, pour les projets en phase d’amorçage, une assiette de dépenses éligibles comprise entre 400 000 et 1,2 million d’euros. Les technologies en phase d’industrialisation, quant à elles, sont plafonnées à un montant éligible de 1,5 million d’euros. L’appel à projets mentionne également que la sous-traitance auprès de grandes entreprises ne doit pas dépasser 30 % des dépenses éligibles du projet. Les deux sociétés retenues sont en phase amont sur leurs technologies.
Le parisien Sirius Space Services prévoit la mise au point d’une série de lanceurs, dont le vol inaugural devrait avoir lieu en 2025. Il s’appuie sur un concept de moteur-fusée utilisant de l’oxygène liquide et du bio-méthane liquide. Pour accélérer son développement, Sirius Space Services a prévu d’utiliser principalement des composants sur étagère. Selon la société, cette stratégie devrait également lui permettre de garantir un tarif de 10 000 à 15 000 dollars (9 500 à 14 000 euros) par kilo de charge utile. Ce prix pourra être divisé par deux une fois la technologie de réutilisation des étages du lanceur au point, indique la société dans un communiqué.
Les fusées Sirius seront capables de mettre en orbite héliosynchrone 800 kg de charge utile. Dans le cadre de France 2030, la start-up sera soutenue pour lancer, en juillet 2022, une revue critique système (RCS). En mars 2023, débutera la revue de définition préliminaire (RDP) du lanceur, qui devrait finaliser le design et le cahier des charges.
Le réutilisable en point commun
De son côté, le bordelais HyPrSpace (Hybrid Propulsion for Space) prévoit de mettre au point, dès l’an prochain, une fusée expérimentale qui embarquera une propulsion hybride liquide/solide. Fonctionnant avec un de l’oxygène liquide et des granulés de plastiques, cette propulsion devrait permettre de réduire significativement les coûts de mise en œuvre des carburants, en réduisant le nombre d’équipements de cryogénie à déployer.
Le futur lanceur baptisé OB-1 pourra mettre en orbite une charge utile de 250 kg et une première démonstration est prévue pour 2023. Le design de la fusée sera en grande partie sous-traité, HyPrSpace se concentrant sur le volet propulsion. La société vise également la mise au point d’un lanceur réutilisable.



