Alors que l’usine de fabrication de bouteilles de gaz à haute pression, située à Gerzat (Puy-de-Dôme), a fermé définitivement ses portes en 2019, les salariés ne s’avouent pas vaincus.
Ils organisaient, le 25 juin, un grand rassemblement national devant les portes du site, avec à leur côté les principales têtes d’affiche de la gauche syndicale et politique. Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, Raphaël Glucksmann, député européen Place Publique, ont fait spécialement le déplacement sous un soleil de plomb. Tous ont réclamé la nationalisation de Luxfer. "Les salariés sont là. Ils savent faire les produits, l’usine est là, les machines sont là. Nationaliser, ça prend 5 minutes", a lancé Jean-Luc Mélenchon.
"Il y a des repreneurs potentiels. On a des projets derrière, assure Axel Peronczyk, représentant CGT de Luxfer. Le but c’est que l’Etat les fasse avancer."
Le site Luxfer était la dernière usine européenne à fabriquer des bouteilles de gaz à haute pression destinées au milieu médical. Le groupe Luxfer Gas Cylinders, basé à Riverside, en Californie, et à Nottingham, au Royaume-Uni, a annoncé la fermeture de l’usine fin 2018, malgré un carnet de commande rempli.
Les 136 salariés de l’entreprise ont depuis été licenciés. Mais le combat des Luxfer a largement dépassé les simples frontières de l’Auvergne, car les bouteilles de gaz médicales sont devenues entre-temps un enjeu dans la bataille contre la Covid-19. "Emmanuel Macron doit montrer qu’on peut ne pas céder au chantage des grandes multinationales qui décident de sacrifier les employés et l’outil industriel par pure logique de profit à court terme", analyse le leader de Place Publique. Pour l’heure, aucune activité de reprise n’est au programme.



