Coup sur coup, le site de Solvay à Melle, dans les Deux-Sèvres, vient de capter deux nouveaux investissements. Après l’annonce d’une augmentation de capacité dans les dérivés du guar pour les marchés des soins d’hygiène et de beauté, c’est une nouvelle production qui est sur le point d’être rapatriée depuis la Chine, alors qu’elle était réalisée par un toller (producteur à façon, N.D.L.R.) privé. Il s’agit du solvant vert Rhodiasolv IRIS. À la fois performant, non inflammable, faiblement volatil et non CMR (Cancérogène, mutagène et reprotoxique), il est utilisé dans de nombreuses applications telles que la formulation de produits phytosanitaires, le décapage de peintures, le nettoyage de graffitis ou de résines, le dégraissage industriel. Son lancement nécessitera un investissement de plusieurs millions d’euros, avec une mise en service prévue pour le début de l’année 2023. Pour ce faire, un atelier, à l’arrêt depuis une quinzaine d’années, va être revampé. Treize appareils seront réutilisés - comme des stockages ou deux anciennes colonnes à distiller -, mais « l’investissement reste conséquent », selon Jean-Paul Garnier, directeur du site de Solvay à Melle, qui évoque la remise à niveau complète de l’instrumentation.
Ce projet doit assurer la pérennité du site mellois et permettra la création de 4 à 5 emplois directs, alors qu’il compte 132 salariés et jusqu’à 145 avec les apprentis et intérimaires. « C’est un tournant pour notre site qui était en perte de vitesse et avait connu quelques plans sociaux sur les quinze dernière années », explique Jean-Paul Garnier, qui voit dans ces deux bonnes nouvelles le signe d’un redémarrage de ce site multiproduit, qui comptera prochainement sept lignes de production distinctes. Outre des dérivés du guar, il produit également de la cyclopentanone, des stabilisants pour PVC, ou des lubrifiants pour le travail des métaux.
Une première industrialisation de Rhodiasolv IRIS en France
Le Rhodiasolv IRIS n’est pas une nouveauté, mais déjà un des produits clés de la gamme de solvants verts Rhodiasolv du groupe belge. Développé dans le centre de Recherche & Innovation de Lyon de Rhodia à partir de 2005, il s’était vu attribuer le prix Pierre Potier 2009, le prix de l'innovation JEC en 2010 et a reçu le soutien du programme LIFE+ de la Commission européenne et de l’Ademe.
S’il ne s’agit pas d’un produit biosourcé, Rhodiasolv IRIS a la particularité de valoriser un sous-produit de la chaîne polyamide, à savoir le méthyl-glutaronitrile (MGN). Il était produit conjointement avec l’adiponitrile – matière première du PA 6,6 - dans les installations de Chalampé qui appartenaient aussi à Rhodia. Alors qu’il était initialement brûlé, des travaux de recherches avaient été lancés pour conduire à la découverte du diméthyl 2-méthylglutarate, le diester constitutif de ce solvant. Un procédé continu en deux étapes à partir de MGN et peu consommateur d’énergie avait ainsi pu être mis au point.

- 626.5+1.18
Février 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
- 108.01+5.66
26 Mars 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
Un peu moins de vingt ans plus tard, le procédé sera donc industrialisé pour la première fois en France. La matière première sera fournie par le site de Chalampé – racheté par Solvay en 2011 puis par BASF en 2020 – qui trouve ici un meilleur usage à son MGN que l’incinération.
Bien que Solvay se soit désengagé de la chaîne polyamide, Jean-Paul Garnier assure que la valorisation du MGN garde tout son sens dans le portefeuille de son groupe. En venant remplacer des solvants plus toxiques, Rhodiasolv IRIS répond parfaitement aux objectifs de développement durable de Solvay.



