Reportage

Servier investira plus de 120 millions d’euros et créera 100 postes sur son complexe de Gidy en cinq ans

Le laboratoire français Servier envisage des investissements de plus de 120 millions d’euros pour une reconfiguration des activités industrielles et de développement pharmaceutique sur son navire amiral de Gidy (Loiret), son plus grand site mondial, dans les cinq prochaines années. Servier prévoit en conséquence la création nette d’une centaine d’emplois.

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A Gidy (Loiret), le plus grand bâtiment de production, UP4, du complexe pharmaceutique de Servier, fera l'objet d'un renforcement capacitaire de l'ordre de 30 millions d'euros.

Le calme et la sérénité des lieux ne trahissent pas l’effervescence des projets. Sur le vaste complexe pharmaceutique de Servier à Gidy, dans le Loiret, étendu sur 64 hectares et parsemé d’espaces boisés, se profile un plan d’investissement de plus de 120 millions d’euros d’ici à cinq ans. Et les effectifs de 800 salariés, dont 650 liés à la partie production, devraient s’étoffer d’environ 100 postes nets en parallèle.

Les projets en cours visent à répondre à l’ambition stratégique du groupe vers l’oncologie. Aujourd’hui, sur 4,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires lors de l’exercice 2021-2022 (clos le 30 septembre 2022), les ventes du segment oncologique se limitaient à environ 800 millions d’euros. L’ambition de Servier est d’atteindre «3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en oncologie en 2030», illustre Arnaud Girard, nouveau directeur des sites internationaux du groupe. Servier a investi en six ans environ 6 milliards d’euros pour cette nouvelle stratégie, avec des efforts importants en R&D et les deux acquisitions majeures de la division dédiée du laboratoire britannique Shire, en 2018, et celle du laboratoire danois Symphogen en 2020.

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Le complexe de Servier Gidy (Loiret) Le complexe de Servier Gidy (Loiret)

Sur 64 hectares, le complexe de Gidy est conçu comme une usine-village, avec au coeur le bâtiment administratif aux airs d'église, et un maximum d'espaces boisés. (Crédit: Servier).

A Gidy, qui fête cette année son cinquantenaire depuis les premières productions mises en service en 1973, Servier a déjà engagé 80 millions d’euros ces dernières années pour le Bio-S, bâtiment de bioproduction qui sera dédié à la production de lots cliniques et au lancement de produits biotechnologiques. «Les utilités et équipements sont en cours de qualification, après il faudra obtenir les certifications, le démarrage est prévu en 2025», souligne Christophe Aussourd, directeur du développement pharmaceutique de Technologie Servier. L’enveloppe de plus de 120 millions d’euros viendra s’ajouter à celle du Bio-S, avec deux pans distincts, pour la partie production et pour la partie développement pharmaceutique. Car la stratégie en oncologie entraîne quelques modifications de la stratégie industrielle pour la division historique et phare de Servier couvrant les médicaments dans les aires thérapeutiques du cardio-vasculaire, segment sur lequel le tricolore se positionne comme numéro 3 mondial, du métabolisme et des maladies veineuses.

Rapatriement de grands volumes et renforcement capacitaire

Sur ces 120 millions d'euros, environ 80 millions seront déployés pour les opérations industrielles du complexe de Gidy, centré justement sur ces aires thérapeutiques. Fraîchement nommé directeur industriel du site au 1er septembre après avoir dirigé l’usine de Servier à Arklow, en Irlande, Augustin Blanc précise que l’objectif principal est «de spécialiser le site de Gidy sur les grands volumes et le conditionnement en blisters».

Passée déjà de 195 millions à 245 millions de boîtes de médicaments ces quatre dernières années, la capacité du complexe est désormais ciblée à 300 millions de boîtes produites à horizon cinq ans. Le projet comporte des adaptations sur deux autres sites à l’international. L’usine irlandaise d’Arklow va se spécialiser dans les conditionnements en piluliers (en tubes) et dans certains médicaments spécifiques produits en petites et moyennes série. Près de Varsovie, le site polonais, sera encore davantage centré sur les petites séries. Des transferts de certaines productions de Gidy vers ces deux sites en Irlande et Pologne sont déjà en cours, et vice-versa, le complexe français rapatriant des productions à grands volumes.

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Complexe de Servier à Gidy (Loiret), conditionnement. Complexe de Servier à Gidy (Loiret), conditionnement. (adrien daste)

Le conditionnement en blisters deviendra la grande spécialité du complexe de Servier à Gidy. (Crédit: Adrien Daste).

Ces transferts et augmentations de capacités à Gidy vont surtout concerner le bâtiment UP4, le plus récent, mis en service en 2004, et le plus grand avec ses 350 mètres de long. Sur place près de 180 salariés produisent des comprimés et des gélules via des étapes de granulation, de compression (qui permet d’atteindre parfois des cadences de 500 000 comprimés à l’heure), de pelliculage, jusqu’au conditionnement, avec une quinzaine de lignes distinctes. Servier n’aura pas besoin de construire un bâtiment supplémentaire pour ce renforcement capacitaire car une aile du bâtiment est libre depuis la mise en service de l’UP4, en prévision d’ajouts de production. Sur l’enveloppe de 80 millions dédiée à la production, «environ 30 millions d’euros», selon Augustin Blanc, seront plutôt dévolus au renforcement de l’UP4.

Des efforts pour réduire l'empreinte carbone

Le reste sera consacré à des modernisations, des rénovations électriques et de phases automatisées notamment sur l’unité de production numéro 1, centrée sur les comprimés, mais aussi à des efforts de développement durable. Arnaud Girard, qui vient de transmettre les clés industrielles du complexe à Augustin Blanc, explique qu’ «au niveau du groupe l’objectif est de réduire de 25% nos émissions de CO2 en 2030 par rapport à 2016, sur l’ensemble des scope 1, 2 et 3 également. A Gidy, par exemple, nous avons réduit de 40% nos consommations d’eau en 10 ans, et l’impact carbone pour la production d’une boîte de médicament a diminué de 28% avec une cible de 45% en 2030». Pour les prochaines étapes, les équipes du site travaillent sur la modernisation d’équipements pour améliorer l’impact environnemental des procédés, et envisagent des pistes comme une ferme solaire ou encore une transformation des chaudières pour utiliser de la biomasse.

Regroupement des équipes de développement pharmaceutique

Côté développement pharmaceutique, Servier table sur un investissement de 43 millions d’euros pour ériger un nouveau bâtiment à l’horizon 2027. «Nous allons regrouper à Gidy les équipes de notre site de développement à Orléans avec nos équipes du Bio-S et celle voisine de l’Unité d’appui clinique», explique Christophe Aussourd, Les effectifs devraient ainsi passer de 150 à 290 employés, avec des créations nettes de 20 à 30 postes. Lesquels sont inclus dans la perspective de création, nette, donc hors départs à la retraite et remplacements, d’une centaine de postes pour le complexe de Gidy pour les cinq prochaines années.

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Complexe de Servier à Gidy (Loiret) Complexe de Servier à Gidy (Loiret) (adrien daste)

Une centaine de salariés, dont entre 20 et 30 pour le développement pharmaceutique, viendront s'ajouter aux effectif actuels d'environ 800 employés sur le complexe de Servier. (Crédit: Adrien Daste).

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