En attendant de trouver un traitement ciblé contre le Covid-19, maladie liée au coronavirus SARS-CoV-2, et face à l’urgence de l’épidémie, les essais cliniques de traitement à l’aide de médicaments existants se multiplient dans le monde. Le laboratoire français, avec son partenaire américain Regeneron, va ainsi essayer de déterminer si leur traitement Kevzara pourrait avoir un moyen d’action efficace pour traiter les patients les plus sévèrement touchés.
Aujourd’hui, Kevzara est un médicament injectable indiqué dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. Cet anticorps monoclonal permet d’inhiber la protéine interleukine 6 (IL-6). Sanofi et Regeneron estiment que ce mode d’action pourrait permettre de réduire la réaction pulmonaire inflammatoire du Covid-19, suite aux résultats menés par une équipe chinoise avec un autre anticorps monoclonal ciblant les récepteurs d’IL-6.
Deux phases d'essais
L’essai clinique, de phase II/III, donc en développement plutôt avancé, se déroulerait en deux étapes. Un premier essai devrait démarrer dans des centres médicaux de New-York et s’étendre à seize sites aux Etats-Unis. 400 patients, tous souffrant de formes sévères de Covid-19, pourraient être inclus au total. L’essai consistera à comparer le traitement par les soins actuels d’aide respiratoire avec ces soins actuels associés à l’utilisation de Kevzara, afin d'évaluer l'impact de ce médicament sur la fièvre et les besoins en oxygène supplémentaire. Un premier patient pourrait être inclus dès cette semaine, selon un porte-parole de Sanofi.
Résultats à plus long terme
Le second essai devrait comporter plus de patients et être plus étendu en termes de sites. Il comparera des patients traités avec placebo, ceux avec une dose faible de Kevzara et d’autres avec une dose forte de Kevzara. Les patients traités devraient recevoir une dose injectable et seront suivis pendant 60 jours après traitement. Il permettra donc d'évaluer les résultats à plus long terme et déterminer si le traitement permet de prévenir des décès, de réduire les besoins en ventilation mécanique, ceux en oxygène, ou encore de réduire le temps d'hospitalisation.
En France, un essai clinique devrait démarrer cette semaine, avec l’objectif d’inclure 800 patients. Cet essai n’utilisera pas de placebo. Il prévoit de comparer le traitement actuel (oxygène et ventilation) avec l’ajout de l’antiviral remdesivir du laboratoire Gilead (traitement du virus Ebola), avec le remdesivir associé à l’interféron bêta de Merck, et avec le Kaletra du laboratoire Abbvie, utilisé dans le traitement du VIH.



