Comme prévu, Sanofi a présenté le 1er juillet aux instances représentatives du personnel un projet de cession du site pharmaceutique de Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne. Spécialisée dans la production de seringues pré-remplies, principalement pour l’anticoagulant Lovenox, et de produits lyophilisés, cette usine serait reprise par le sous-traitant pharmaceutique allemand Adragos.
Cette cession, dont le montant demeure confidentiel, est décrite par Sanofi dans un communiqué comme un «partenariat stratégique de long terme visant à maintenir la production de Lovenox sur le site pendant cinq ans». Ajoutant qu’Adragos «a pris l’engagement de garantir le maintien de l’emploi pendant trois ans et les statuts collectifs pour une durée également de trois ans», ce qui sécuriserait à court terme les 452 employés de Sanofi actuellement en activité sur le site. L’opération serait finalisée au premier trimestre 2026.
Adragos, un acquéreur déjà connu de Sanofi
Adragos n’est pas un inconnu pour Sanofi. Ce groupe de plus de 950 salariés dont le siège social est à Munich (Allemagne) lui avait déjà repris un site pharmaceutique au Japon, à Kawagoe. Cette opération finalisée en 2024 comprenait l’acquisition de l’usine, aux capacités de production de comprimés et d’ampoules stériles, ainsi que la reprise d’environ 330 salariés. Présent industriellement également en Grèce (Athènes), Norvège (Halden), Suisse (Jura) et Allemagne (Leipzig), Adragos détient aussi une usine en France, à Livron (Drôme, 200 salariés), pour la fabrication d’ampoules stériles et de suppositoires, et dont il a renforcé des capacités en 2024.
Trouver de nouvelles productions pour le site
Le projet de reprise ne précise pas encore publiquement les axes industriels envisagés pour renforcer les volumes de production de l’usine de Maisons-Alfort. La seule piste divulguée par Sanofi serait l’ambition d’Adragos «d’obtenir une certification FDA» [donc des autorités sanitaires américaines, ndlr], pour y exporter des médicaments. Le sous-traitant allemand devra en tout cas trouver des relais de croissance. Car selon Sanofi, le site souffre «d’un environnement international concurrentiel, en particulier d’Asie, avec des médicaments biosimilaires [équivalent des génériques pour des médicaments biologiques, ndlr] dont les coûts de production provoque une baisse continue de l’activité». Ce qui concerne le Lovenox en particulier, qui n’est plus protégé par ses brevets et dont les ventes s’amenuisent régulièrement (-12% en 2024, à 982 millions d’euros). A Maisons-Alfort, Sanofi parle ainsi d’une «érosion de nos volumes», et ce malgré des transferts de production pour tenter de redynamiser.
Dans un communiqué le même jour, la CGT appelle Sanofi à reconsidérer son projet de cession. Le syndicat pointe en particulier le projet d’extension à Vitry-sur-Seine, également dans le Val-de-Marne, où le groupe a annoncé en 2024 un investissement de 1 milliard d’euros pour construire une seconde usine de bioproduction. Selon la CGT, «à Maisons-Alfort, il n’est pas nécessaire de partir de zéro : pas de dépollution coûteuse, pas de terrain à viabiliser, pas de site à sortir de terre et peu de personnel à recruter». Soulignant aussi que les équipes sur place «ne demandent qu’à être formées à la production de produits innovants».



