Soutenu par Sanofi, EuroAPI prévoit jusqu'à 400 millions d'euros d'investissements et va céder deux usines

Le laboratoire français EuroAPI spécialiste des principes actifs a dévoilé un nouveau plan stratégique jusqu’en 2027. Il prévoit jusqu’à 400 millions d’euros d’investissements et la cession de deux usines, en Italie et Royaume-Uni ainsi que la diminution de 15% de ses effectifs. Toujours premier actionnaire et ancienne maison-mère, Sanofi donnera un coup de pouce avec deux investissements d’un total de 254 millions d’euros pour une obligation hybride et des réservations de capacités.

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Le laboratoire français EuroAPI prévoit jusqu'à 400 millions d'euros d'investissements pour ses capacités industrielles jusqu'en 2027, comme ici sur son site de Vertolaye dans le Puy-de-Dôme.

En déconvenue financière depuis plusieurs mois, EuroAPI compte sur son nouveau plan stratégique pour sortir de l’ornière. Dévoilé le 26 juin au soir, ce plan Focus-27, fixe à la fois des investissements, mais aussi des mesures fortes de restructuration jusqu’à fin 2027. Le laboratoire français, spécialiste des principes actifs et de la sous-traitance pharmaceutique en Europe prévoit toujours d’investir massivement, entre 350 et 400 millions d’euros. En parallèle, il compte aussi rationaliser ses ressources humaines et son périmètre industriel, avec une réduction de 15% de ses effectifs et la cession des usines en Italie et Royaume-Uni. Le démarrage du plan n’augure pas d’embellie financière immédiate, avec des coûts de restructuration estimés entre 110 et 120 millions d’euros sur la période, et des prévisions de chiffre d’affaires en retrait de 8% à 11% en 2024. EuroAPI prévoyait de limiter la contraction à entre 4% et 7% en début d’année.

Tandis que l'entreprise négocie avec ses banques pour revoir ses crédits, elle vient de trouver un peu de soutien de la part de son ancienne maison mère et principal actionnaire, Sanofi, qui détient toujours près de 30% du capital. Le leader pharmaceutique français a décidé d’investir 200 millions d’euros dans une «obligation hybride subordonnée à durée indéterminée», selon le communiqué, ce qui équivaut, schématiquement, à un prêt à long terme pour lequel EuroAPI pourra notamment différer le paiement de certains intérêts. En parallèle, Sanofi, qui avait nettement réduit ses commandes auprès de son ancienne division, dont le titre a perdu près de 70% de sa valeur en bourse depuis deux ans, lui versera 54 millions d’euros pour réserver jusqu’en 2027 des capacités minimales de production pour certains produits. Au total, cela représente un soutien de 254 millions d’euros.

550 suppressions de postes à venir et la cession de deux usines pharma

Sur le front des restructurations, EuroAPI a confirmé son intention de céder avant fin 2027 deux de ses usines. Comme prévu il s'agit de celle d’Haverhill au Royaume-Uni et celle à Brindisi en Italie. Cela permettrait de rehausser le taux d’utilisation des capacités de l’ensemble du réseau industriel du groupe à 80% contre 60% actuellement. L’usine italienne, de 220 salariés et qui produit 11 principes actifs et intermédiaires chimiques pour des médicaments anti-infectieux principalement, avait récemment stoppé ses productions après des problèmes de qualité. Le laboratoire a confirmé après des enquêtes internes «l’existence de manquements au niveau local mais prévoit une reprise progressive des livraisons et des productions au cours du troisième trimestre 2024».

Si les coûts liés à ces désinvestissements sont inclus aux coûts de restructuration de 110 à 120 millions d’euros annoncés jusqu’en 2027, les effectifs de ces deux usines ne sont pas comptabilisés dans les réductions à venir. EuroAPI, qui recense 3650 salariés environ, prévoit 550 suppressions de postes jusqu’en 2027. Soit environ 15% du total des effectifs actuels. Selon un porte-parole, cela concernera «toutes les fonctions», mais «la grande majorité de l’impact sera hors de France».

Jusqu'à 400 millions d'euros d'investissements en France, en Hongrie et en Allemagne

Côté industriel, la révision du périmètre de production et les investissements de 350 millions à 400 millions d’euros devront permettre de mieux spécialiser EuroAPI. Le groupe compte voir la part des principes actifs hautement différenciés, donc affichant plus de valeur ajoutée et de rentabilité, passer de 57% des ventes en 2023 à plus de 70% en 2027. Entre 2026 et 2027, treize principes actifs ne feront plus partie des lignes de production, tandis qu’EuroAPI se renforcera sur des segments comme ceux des peptides, des oligonucléotides, des prostaglandines, des corticostéroïdes, des hormones, des opiacés et de la vitamine B12. Son activité de sous-traitance pharmaceutique, également à plus haute valeur ajoutée, devrait en parallèle se renforcer, en passant d’une part de 28% du chiffre d’affaires total en 2023 à 35% d’ici 2027.

Industriellement, EuroAPI avait déjà investi 129 millions d’euros à fin 2023 pour ses projets de renforcement capacitaire qui concerne ses quatre autres usines. En France, le groupe muscle ses capacités de vitamine B12 sur son site d’Elbeuf, en Seine-Maritime, qui est le seul du genre en Europe, et relocalise des médicaments essentiels dans son usine de Vertolaye dans le Puy-de-Dôme. Près de Budapest, en Hongrie, EuroAPI déploie un plan de 50 millions d’euros pour son usine sur le segment des prostaglandines, et investit aussi dans son usine allemande de Francfort pour des capacités de peptides et d’oligonucléotides.

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